Procès pour tentative d’infanticide : les voisines attaquées au couteau témoignent
La dernière journée du procès de Sabine Béraud se tient ce jeudi 4 juin devant la Cour d’assises de la Martinique. Jugée pour tentative d'infanticide sur trois de ses enfants et d'une attaque au couteau sur trois voisines en novembre 2022 à Dillon, la mère de famille de 34 ans a entendu, mercredi, les témoignages des victimes.
Plus de trois ans après les faits, les blessures restent ouvertes. Au troisième jour du procès, mercredi 3 juin, les trois voisines visées lors de l’attaque ont livré leurs témoignages devant la Cour d’assises de la Martinique.
Les faits remontent à novembre 2022, dans un immeuble du quartier Dillon. Ce jour-là, Sabine Béraud aurait agressé plusieurs personnes à l’arme blanche, dont trois de ses voisines.
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« J'ai été poignardée au ventre »
L’une d’elles, qui a accepté de témoigner anonymement, a été grièvement blessée au ventre. Elle explique que les conséquences de cette agression continuent d'affecter son quotidien.
J'ai été poignardée au ventre. J’ai ensuite eu une intervention chirurgicale qui s'est bien passée. Mais trois ans après, j'ai eu une fibrose. La cicatrice n’a pas bien adhéré, ce qui m'a donné une hernie ombilicale et une éventration. Donc, j'ai dû subir une nouvelle opération et la pose d'une plaque pour maintenir les muscles puisque les miens se détachaient. J'ai également dû être opérée à nouveau avec des agrafes pour pouvoir être là au procès, sinon je n'aurais pas pu. J'ai des douleurs tout le temps. J'ai une ceinture ombilicale que je vais devoir porter en permanence.
Pourtant, Sabine Béraud appelait ses voisines, « ses voisines chéries ».
Une peur qui ne disparaît pas
La victime évoque aussi les conséquences psychologiques de cette agression, qui restent très présentes lors du procès.
J'ai peur d'être dans une foule. J'ai peur de me retrouver avec quelqu’un de bizarre. Une semaine avant le procès, c'était le stress. Je me réveillais à 3 heures du matin. Je me disais que cela faisait pratiquement quatre ans que je n'avais pas vu son visage. Donc, je craignais de la revoir, mais au final, ça s'est bien passé. Je l'ai vue, je l'ai regardée en face. Je me suis dit : c'est un être humain comme moi. Pourquoi ne pas franchir cette étape et me dire que je ne suis pas coupable, que c'est elle la coupable ? Elle doit payer.
Après plusieurs jours d'audience consacrés à l'examen des faits, de la personnalité de l'accusée et des témoignages des victimes, la Cour d’assises de la Martinique doit rendre son verdict ce jeudi, en fin de journée.
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