Les marins-pêcheurs du François et du Marin toujours privés de machine à glace

Par 07/07/2026 - 11:19

Deux des sept machines à glace mises à disposition par la CTM sont hors d'usage, après la liquidation de l'entreprise chargée de leur entretien. Une quarantaine de marins-pêcheurs du François sont directement impactés par cette panne persistante.

    Les marins-pêcheurs du François et du Marin toujours privés de machine à glace
Machine à glace en panne, située au François

Les marins-pêcheurs du François et du Marin restent sans machine à glace. Une partie de l'entreprise Caraïbes Froid, chargée de leur entretien pour le compte de la CTM, a été liquidée et a cessé brutalement son activité. 

Actuellement, deux des sept machines mises à disposition par la CTM sont hors d'usage. Au François, la situation impacte une quarantaine de marins-pêcheurs, pour qui la machine serait régulièrement en panne.

Une panne devenue routinière

Depuis plusieurs jours, pas un gramme de glace ne se déverse du long tuyau de la machine du François. Les pêcheurs y sont habitués. Georges-Henri Jean-Louis, marin-pêcheur depuis 50 ans, essaie régulièrement de la réparer, parfois à ses frais, mais sans succès :

Ce n'est pas une machine fiable. J'essaie de l’entretenir, je fais tout ce que je peux. Une fois ça m'a coûté 1 300 €, mais je n'ai même pas récupéré la moitié.

La glace reste pourtant essentielle pour l'activité des pêcheurs comme le rappelle Thierry Marie-Claire, marin-pêcheur au François :

En matière de conservation de poisson, je tiens à avoir une bonne qualité de poisson. Pas de glace, ça veut dire pas de pêche. Je perds mes clients au fur et à mesure à cause de ça.

Des alternatives coûteuses pour compenser

Pour récupérer les kilos de glace nécessaires à une sortie en mer, chacun a sa technique. Eugène Prudent, pêcheur depuis 35 ans, se débrouille avec des sacs de glaçons achetés dans le commerce :

4 € le sac. Il nous faut à peu près 10, 15 sacs. Ça a un coût quand même. Des fois, je prends les petits seaux de margarine, je les mets au congélateur pour me faire des glaces.

Charles-Henri Jean-Louis, lui, prend la route pour en trouver, et stocke par centaines de kilos la glace dénichée dans sa chambre froide :

On est obligés de faire minimum 15 kilomètres pour aller chercher de la glace au Vauclin. Ça nous est arrivé que la machine du Vauclin n'ait pas de glace, donc on va au Marin. C'est stressant, c'est fatigant et ça nous coûte plus d'argent d'aller le chercher très loin.

La CTM toujours en recherche d'un prestataire

De son côté, la CTM n'a toujours pas trouvé d'entreprise candidate pour assurer la maintenance des machines. Olivier Marie-Reine, président de la commission économie bleue et pêche, explique cette difficulté :

Le prestataire qui avait le marché d'entretien, c'est lui qui avait installé aussi les machines. Ce n'est pas tout le monde qui se porte volontaire. Ils n'ont pas les mêmes aisances en termes de connaissances logistiques.

Un appel d'offres a été lancé, mais l’amélioration de la situation reste incertaine à ce jour.


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