Jacques Stosskopf, le nouveau géant de la Marine nationale fait une escale en Martinique

Par 07/03/2026 - 12:21 • Mis à jour le 07/03/2026 - 12:23

Actuellement en escale en Martinique, le bâtiment ravitailleur "Jacques Stosskopf", nouveau géant de la Marine nationale, dévoile ses capacités stratégiques inédites et le quotidien millimétré de ses 140 marins avant de mettre le cap sur le Pacifique.

    Jacques Stosskopf, le nouveau géant de la Marine nationale fait une escale en Martinique

Ce jeudi 5 mars, le capitaine Sébastien Fajon a présenté à l’hydrobase de Fort-de-France le nouveau Bâtiment ravitailleur de forces (BRF) Jacques Stosskopf.

Arrivé en Martinique après six jours de mer depuis Ponta Delgada aux Açores, ce géant de 30 000 tonnes restera à quai jusqu'à ce mardi 10 mars. Sa taille imposante en fait le deuxième plus grand navire de la Marine nationale, juste derrière le porte-avions Charles de Gaulle.

Un atout stratégique majeur

Cette escale s’inscrit dans un déploiement de longue durée (DLD), une étape clé avant son admission au service actif prévue pour l’été 2026.

Conçu pour faire face aux tensions mondiales croissantes, ce bâtiment est le deuxième d’une série de quatre exemplaires livrables d’ici 2032. À son bord, les 140 marins, dont un médecin et un infirmier, opèrent sous un commandement limité à deux ans.

Grâce à ses technologies de pointe, le BRF peut désormais ravitailler des sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) directement en pleine mer, les affranchissant de toute dépendance portuaire. Sa capacité est impressionnante : il transporte 13 000 mètres cubes de carburant, soit l’équivalent de la charge de 13 porte-avions ou 52 frégates.

Un poste de commandement mobile

Actuellement en route vers San Diego, l’équipage profite de cette halte pour tester les infrastructures martiniquaises et s'accorder un temps de repos avant de rejoindre le Pacifique.

Au-delà de sa stature imposante, le capitaine Sébastien Fajon détaille les capacités inédites et la modularité de ce bâtiment nouvelle génération :

On fait des expérimentations de transfert de munitions avec la FDI qui vient dans quelques jours. C'est une grande première. On va ravitailler avec une munition la FDI au mouillage le lundi 9 mars. L'autre mission c'est de prêter main forte aux bâtiments qu'on croise à chaque fois, qui sont essentiellement des alliés, pour justement leur permettre de soit les ravitailler, soit de leur donner un support médical, puisque j'ai des locaux médicaux à bord, soit de faire un état-major pour pouvoir les aider en ce sens. Tout ça, c'est intéressant parce qu'on n'est plus sur un ravitailleur comme on l'avait à l'époque où on ne faisait que du carburant, des vivres et de l'eau. Maintenant, on fait aussi du support plus large en termes d'ateliers, médical et d'état-major. Le deuxième volet, c'est de communiquer. Concrètement, en Martinique, quand je me connecte, j'arrive à savoir ce qui se passe en Méditerranée parce que j'ai des bateaux qui font le relais et à la fin, j'arrive à avoir une belle zone de tout l'Atlantique et toute la Méditerranée.

Le quotidien millimétré de l'équipage

Si la technologie de ce bâtiment est impressionnante, l'efficacité de la mission repose avant tout sur l'engagement et l'organisation rigoureuse des marins, comme l'explique le commandant :

La journée de travail classique débute par un réveil général à 07h30, suivi de l'appel à 08h00, pour ensuite enchaîner sur une matinée consacrée à l'entraînement, à l'entretien ou à la formation. Après la pause déjeuner de midi, les activités reprennent l'après-midi jusqu'au briefing de 18h00 qui marque la fin de la journée. Ce rythme standard contraste toutefois avec celui des postes armés H24, comme le chef de quart, le barreur, les mécaniciens en machine ou le personnel du central opération, qui se relaient en continu sept jours sur sept tant que le navire est en mer. Ces derniers ne trouvent du repos qu'au moment des escales, comme ici en Martinique. En complément, une « journée du dimanche » est instaurée environ tous les dix jours : le branle-bas est suspendu et tout l'équipage profite d'un repos total pour faire du sport ou jouer aux cartes, sans aucune activité professionnelle.


√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS MARTINIQUE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.

Tags

À lire également