Hausse des carburants : les professionnels tirent la sonnette d'alarme après l'envolée des prix
Dès ce mercredi (1er avril), les prix à la pompe s'envolent sur l'île avec une hausse allant jusqu'à 31 centimes par litre. Entre inquiétude du BTP, adaptation des livreurs et colère des infirmiers libéraux, cette hausse place une grande partie du secteur économique de l'île sous haute tension.
La hausse du prix des carburants entre officiellement en vigueur ce mercredi 1er avril. Le préfet Étienne Desplanques l'avait annoncé : le prix à la pompe va être révisé compte tenu du contexte de guerre au Moyen-Orient.
Conséquence : dès ce mercredi, le litre de supercarburant sans-plomb s’affiche désormais à 1,86 €, soit une augmentation de 17 centimes par rapport au mois dernier.
De son côté, le gazole routier atteint 1,95 € le litre. Une hausse de 31 centimes. Même tendance pour le gaz : la bouteille progresse de 46 centimes et coûte désormais 24,70 €.
Le BTP, un secteur sous pression
Ce mardi (31 mars), à 24 heures de l’application de ces tarifs, les stations-services ont connu un certain rush. Les professionnels ont d'ores et déjà mesuré l’impact de cette augmentation.
Particulièrement exposé, le secteur du BTP ne bénéficie pas du dispositif d’aide gouvernementale de 20 centimes par litre. Un véritable coup dur pour le secteur selon Jean-Yves Bonnaire, secrétaire général de la fédération régionale du BTP de Martinique :
Le secteur du BTP, à l'instar d'autres, est pris de court par l'actualité. Cela tombe mal pour notre filière qui entrevoyait pourtant des pistes de relance. Nos activités liées au transport, essentielles pour nous, sont directement affectées. Il en va de même pour l'exploitation de carrières et l'activité des engins, notamment pour les terrassements. C'est une mauvaise nouvelle. Par ailleurs, nous constatons déjà des hausses de prix sur certains matériaux de construction dépendant des produits pétroliers. Tout cela ne va pas dans le bon sens. Nous continuerons de faire remonter l'impact de cette inflation sur notre secteur, dans l'espoir que des mesures complémentaires soient rapidement adoptées.
L'adaptation des chauffeurs-livreurs
Parmi les nombreux utilisateurs des espaces routiers : les chauffeurs-livreurs. Pour Donovan, livreur chez Easy Ta Vie, cette hausse ne changera pas pour autant ses habitudes :
Sur le court terme, l'impact ne sera pas énorme. Certes, l'essence est à notre charge et une augmentation de 17 centimes, c'est toujours embêtant car c'est de l'argent en moins, mais ce n'est pas encore significatif. Cela n'a pas vraiment modifié notre mode de vie. Pour être honnête, si l'on décompte le budget mensuel, un poste qui nous coûte habituellement 300 € par mois pourrait grimper à 320 ou 330 € avec l'augmentation. Ce n'est pas dramatique. Malgré la logistique à gérer, je vais continuer à travailler comme d'habitude.
Le cri d'alarme des infirmiers
Les infirmiers libéraux, déjà exposés par d'importantes charges sociales, ces derneirs sont également beaucoup fragilisés par cette nouvelle hausse. Lisa Agathine, présidente de Convergence Martinique, l’un des trois syndicats représentatifs des infirmiers libéraux sur le territoire :
L'essentiel de notre activité se fait au domicile des patients. Je parcours en moyenne 1 800 km par mois, donc le calcul est vite fait sachant qu'un plein me dure environ quatre jours. En France hexagonale, l'augmentation a été beaucoup plus franche et rapide en raison d'un processus différent sur les réserves de carburant. Nos collègues là-bas, impactés bien avant nous, rapportent déjà un surcoût de près de 24 € par plein. Quand on sait qu'on fait environ un plein et demi par semaine de travail, la facture devient lourde. Je roule au sans-plomb, et si certains collègues sont passés à l'électrique, cela représente un investissement important car les véhicules coûtent cher, surtout ici, et tout le monde n'en a pas les moyens. D'autant plus que depuis 2009, nos rémunérations n'ont pas été suffisamment revalorisées. Face à l'inflation généralisée qui touche les charges, la CARPIMKO, l'URSSAF ou encore l'essence, les professionnels de santé tirent la sonnette d'alarme. Des négociations sont en cours concernant la nouvelle loi, mais ce qui est proposé reste nettement insuffisant par rapport à nos attentes en termes de revalorisation des actes.
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