Mobilisation des ambulanciers de Martinique : le SMMS dénonce une activité devenue à perte
Ce mercredi 8 avril, le syndicat martiniquais de la mobilité sanitaire organise un convoi vers la préfecture. La profession sollicite une revalorisation tarifaire et des aides concrètes pour faire face à l'augmentation des charges qui fragilise les entreprises.
Ce mercredi 8 avril, un convoi d’une dizaine d’ambulances prend la route afin de signaler les difficultés rencontrées par le secteur du transport sanitaire, dont les entreprises indiquent fonctionner à perte.
Cette mobilisation, organisée par le syndicat martiniquais de la mobilité sanitaire, s'inscrit dans le cadre de l'appel national à une journée blanche. Le convoi doit partir de Carrefour Dillon à 12h30 pour se diriger vers la préfecture.
Des revendications claires
Face à l'augmentation des prix du carburant et des charges, aux délais liés aux embouteillages ou encore à l’immobilisation prolongée des véhicules aux urgences, la profession sollicite une revalorisation de ses tarifs ainsi que l’instauration d’une compensation carburant.
Frantz Lucien, administrateur au Syndicat Martiniquais de la Mobilité Sanitaire (SMMS), précise la nature et les objectifs de ce rassemblement :
Ce n'est pas une opération "molokoy", contrairement à ce qu'on pourrait croire, mais simplement un convoi. Nous nous dirigerons vers la préfecture pour une prise de parole devant les médias : l'objectif est de faire connaître notre métier et d'exposer nos difficultés actuelles. Il est essentiel de nous rendre visibles et de montrer que notre profession est en grande souffrance car, aujourd'hui, nous travaillons à perte. Nous souhaitons être reçus pour discuter des dispositifs d'aide face au contexte actuel. Il s'agit d'alerter la population : une société sans ambulances serait ingérable pour la santé publique.
Des mesures jugées insuffisantes
L'administrateur du SMMS, revient sur les mesures concrètes attendues par les ambulanciers pour pallier la crise du secteur :
Nos revendications portent sur la revalorisation de la tarification et l'obtention d'une aide face à la hausse du carburant, qui représente l'un de nos principaux postes de dépenses. La Fédération nationale nous annonce une aide de 70 € par mois et par véhicule, ainsi qu'un report des charges sociales. Pour nous, ce ne sont que des "mesurettes", des pansements qui ne règlent pas le problème de fond. Par ailleurs, nous demandons un accès facilité aux établissements de soins : il nous arrive de rester bloqués trois heures aux urgences. Cette immobilisation prive l'entreprise de revenus et désorganise tout notre secteur d'activité.
Le poids des charges non répercutées
S'appuyant sur une comparaison avec d'autres domaines du transport, Frantz Lucien expose le déséquilibre financier qui fragilise leurs entreprises :
Dans n'importe quel secteur d'activité, les coûts de revient sont répercutés sur les tarifs. Or, nos tarifs sont aujourd'hui conventionnés et fixés par la Sécurité sociale. Par exemple, nous subissons l'augmentation du carburant, mais cet impact n'est pas répercuté sur nos prix. La difficulté est là : les charges augmentent, la situation se dégrade, mais la revalorisation tarifaire n'est pas ajustée. Travaillons-nous à perte ? Tout à fait, et c'est pour cela que nous nous mobilisons. Contrairement au transport de personnes classique où les tarifs sont indexés sur le carburant, nos contrats ne prévoient pas cette indexation. Nous ne pouvons donc pas tenir compte de l'augmentation des charges et nous subissons de plein fouet cette hausse qui met nos entreprises en péril.
√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS MARTINIQUE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.





