Le barreau de Martinique prolonge sa grève contre le projet de loi "SURE" jusqu'au 20 avril
Réunis en assemblée générale, les avocats martiniquais ont voté la reconduction de leur mouvement contre le projet de loi "SURE". Cette mobilisation entraîne une paralysie totale de l’activité judiciaire sur le territoire jusqu’au lundi 20 avril 2026 inclus.
Le mouvement de grève se prolonge au barreau de Martinique. Réunis en assemblée générale ce mardi (14 avril), les avocats ont voté la poursuite de la mobilisation contre le projet de loi "SURE" jusqu’au lundi 20 avril inclus.
Une assemblée générale aura lieu à 10 heures le 20 avril, au vestiaire, sur la poursuite du mouvement de grève
Lire aussi : Loi SURE : reconduction de la grève générale des avocats de Martinique jusqu'au 13 avril 2026
Avocats, greffiers et magistrats se sont mobilisés ce lundi au tribunal judiciaire de Fort-de-France pour contester e projet de loi. Pancartes en main, ces derniers ont instauré une journée « Justice morte », s'inscrivant dans un mouvement national débuté le 31 mars.
Le "plaider-coupable" sous le feu des critiques
Actuellement en examen au Sénat, ce texte introduit un « plaider-coupable » pour les crimes.
Cette procédure simplifiée repose sur la reconnaissance des faits par l'accusé en échange d'une peine réduite, supprimant ainsi l'audience, les témoins et les experts.
Le dispositif prévoit que la peine proposée soit plafonnée aux deux tiers de la peine initialement encourue, ou limitée à 30 ans de réclusion lorsque la perpétuité est encourue.
Une "justice au rabais " dénoncée
Si la mesure vise à désengorger les tribunaux, les professionnels dénoncent une justice au rabais et une atteinte flagrante aux droits fondamentaux de la défense.
Tristan Soulard, président de la section martiniquaise du Syndicat des Avocats de France (SAF), tire la sonnette d'alarme sur la philosophie du texte :
Le constat est sans appel : la justice manque de moyens. Ce que nous réclamons, ce sont des renforts en magistrats et en greffiers pour pouvoir enfin juger sereinement et prendre le temps nécessaire. Or, la logique de ce projet de loi est inverse : elle vise à faire moins et plus vite, au détriment de l'audience et de la parole, qui sont pourtant essentielles pour écouter et comprendre les justiciables. C'est cet esprit même que nous dénonçons. Nous demandons donc le retrait pur et simple du texte. Si le gouvernement s'y refuse, nous nous mobiliserons auprès des parlementaires pour qu'ils garantissent, par voie d'amendements, les droits des citoyens. Car si nous luttons, c'est avant tout pour les prévenus et les victimes, dont les droits seront sacrifiés à l'audience.
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