La radio RLDM toujours cadenassée : le mouvement indépendantiste martiniquais se mobilise à Rivière-Pilote
Une soixantaine de personnes se sont rassemblées hier matin (7 juin 2026) devant le siège de Radio Lévé Doubout Matinik à Rivière-Pilote pour exiger la réouverture de ses locaux, fermés depuis le 19 avril par décision du maire. Le mouvement indépendantiste martiniquais rappelle qu'une décision de justice ordonne pourtant depuis mai le retrait immédiat du cadenas.
La mairie campe sur ses positions malgré la justice. Le 19 avril dernier, le maire de Rivière-Pilote, Jean-François Beaunol, avait décidé de changer le cadenas des locaux de RLDM. L’accès à ses studios mis gracieusement à disposition par la commune depuis une vingtaine d'années se trouvait bloqué.
L'édile avait assumé cette décision, estimant que la radio ne respectait pas le pluralisme politique : quelques semaines après sa réélection, une émission avait été organisée avec ses opposants, ce qu'il n'a pas accepté.
Une décision de justice ignorée
Saisi par la radio, le tribunal administratif a ordonné en mai le retrait immédiat du cadenas. À ce jour, la mairie n'a pas obtempéré et l'équipe de RLDM reste dans l'impossibilité d'accéder à ses locaux, boulevard Frantz Fanon.
C'est précisément ce blocage que le Mouvement indépendantiste martiniquais (MIM), proche de la radio, a choisi de dénoncer hier matin en réunissant une soixantaine de personnes devant le siège de la station. L'avocat de la radio, Raphaël Constant, annonce les suites judiciaires :
Nous allons ressaisir le juge pour lui faire constater que la décision n'a pas été respectée. Nous allons demander une astreinte, ou nous allons demander la possibilité qu’on puisse ouvrir la porte nous-mêmes ou les deux d'ailleurs. Ça va se plaider, je suppose, la semaine prochaine ou au début de la semaine du 15. Je pense que ce maire se situe dans une démarche extrémiste du temps de l'extrême droite, à savoir que la loi n'est bonne que si elle le sert.
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Une liberté d’expression réduite au silence
Pour Francine Carius, coordinatrice du MIM et vice-présidente du GRAC (l'association qui porte RLDM), la mobilisation dépasse le seul sort de la radio :
L'idée, c'est de mobiliser les gens pour lutter contre tous ceux qui veulent bafouer les libertés fondamentales, et notamment la liberté d'expression, parce que c'est de ça qu'il s'agit. Nous ne voudrions pas que tout ce qu'Alfred Marie-Jeanne a fait soit anéanti.
De son côté, Jean-François Beaunol a indiqué qu'il tiendrait une conférence de presse sur le sujet dans la semaine. Il aurait déclaré que ce n'est pas une décision de justice qui le ferait ouvrir ou fermer une salle communale.
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