Le procureur général de la Guadeloupe s'exprime après la réunion avec Gérald Darmanin
La Justice est sous pression après la disparition de Lyhanna, cette fillette de 11 ans retrouvée morte la semaine dernière dans le Gers. Le Garde des Sceaux a demandé aux différents procureurs généraux de traiter au plus vite les dossiers concernant des viols sur mineurs.
Le contexte de la mort de la petite Lyhanna en fait désormais une affaire d'Etat. Au centre de l'émoi et de l'idignation, l'impunité dont a bénéficié l'auteur présumé des faits. En effet, avant le drame, le principal suspect, Jérôme Barella, avait été visé par plusieurs accusations de viol et agression sexuelle sur mineure, sans avoir été entendu par les autorités.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a donc réuni ce lundi matin (8 juin 2026) les procureurs généraux. Il leur a demandé de réexaminer l'ensemble des plaintes concernant des mineurs, soit près de 70 000 dossiers.
Cela concerne aussi la Guadeloupe. Éric Maurel, le Procureur Général, près de la Cour d'Appel de Basse-Terre était présent à cette conférence de presse. Il a été joint par RCI juste après la réunion :
70 000 dossiers pour toute la France hexagonale et les Outremers. Pas que pour la Guadeloupe, bien entendu. Les deux procureurs de la République, de Basse-Terre et de Pointe-à-Pitre, sont déjà à pied d'œuvre et ont commencé à recenser les procédures concernées qui sont en cours de traitement ou en attente dans les commissariats, dans les brigades de gendarmerie, ainsi qu'au sein de leur parquet.
Mission impossible ?
Mais est-il réellement possible de traiter rapidement toutes les affaires de violences intrafamiliales ?
La réponse passe notamment par un meilleur suivi et une meilleure traçabilité des dossiers. Éric Maurel explique comment :
Tout est question de traçabilité, de suivi des dossiers. On ne peut pas effectivement envisager qu'un dossier, pendant neuf mois, reste sans traitement dans un service d'enquête comme il semblerait que ça se soit produit. Donc moi, je vais donner des instructions très claires aux deux procureurs de la République. D'abord pour recenser l'intégralité des dossiers concernés afin d'avoir une vision du stock. Je n'aime pas parler de stock parce que derrière, il y a des vies humaines. Mais bien recenser le nombre d'affaires auxquelles nous sommes confrontés et puis mettre en place des outils de pilotage, des outils de suivi pour être certains, autant qu'on puisse l'être, qu'un dossier ne sera pas oublié et qu'on apportera une réponse à une plainte le plus rapidement possible.
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