Grève à Transaglo : un dialogue de sourds et une paralysie qui se règlera devant le tribunal

Par 10/04/2026 - 15:15 • Mis à jour le 10/04/2026 - 15:16

Après 25 jours de grève, la réunion de ce vendredi (10 avril) s'achève sans accord malgré des discussions tendues sur les salaires. Toujours dans l'impasse, Martinique Transport et les grévistes de Transaglo ont désormais rendez-vous ce lundi 13 avril devant la justice pour une audience décisive.

    Grève à Transaglo : un dialogue de sourds et une paralysie qui se règlera devant le tribunal

La rencontre de ce vendredi 10 avril à l'hôtel de l’Assemblée de Martinique n'aura pas suffi à dénouer la crise.

Une réunion sous haute tension

Arnaud René-Corail, président de Martinique Transport, était présent lors de l’ouverture de la réunion à 9 heures, mais a quitté les lieux sous les insultes des grévistes à leur retour du tribunal.

Les salariés ont néanmoins poursuivi les échanges avec Jean-Claude Duverger, président de la RTM (Régie des Transports de Martinique) et vice-président de Martinique Transport, lors d'une discussion qui s’est étirée jusqu’aux alentours de 13 heures.

Au cœur des débats : l’article 4 du protocole d’accord signé en 2025 concernant l’alignement des salaires dans le cadre de la future DSP.

Si 4/12e des sommes ont été versés en décembre 2025, Martinique Transport refuse de verser les 8/12e restants.

L'argumentaire de la direction

Pour Jean-Claude Duverger, la situation est complexe car elle engage l'avenir d'un marché dont on ne connaît pas encore l'attributaire. Selon lui, il est impossible d'engager des financements définitifs avant l'attribution officielle de la DSP (délégation de service) :

Je pense qu’il y a une différence d’interprétation de cet article concernant la mise en place de la DSP. Sur le fond, ce que disent les travailleurs n'est pas faux : cela devait se faire. Mais il faut comprendre qu'un patron peut décider d'octroyer une somme, et une fois donnée, nous l'intégrons dans le futur marché. Or, personne ne sait encore qui remportera ce marché. On ne peut pas engager de financements pour un contrat qui n'a pas encore eu lieu, alors que les cahiers des charges imposent des règles strictes. On ne peut pas changer les prix alors que les candidats étudient déjà les dossiers. À mon sens, le plus simple est de retenir qu'il est prévu que ce 13e mois soit négocié après la mise en place de la DSP. Dès que la délégation de service public sera actée, les négociations pourront suivre leur cours.

Un bras de fer financier

L'autorité organisatrice estime que les salariés, représentés par la CGTM-SOEM, font une mauvaise interprétation du protocole, tandis que ces derniers exigent le paiement intégral de ce qu'ils considèrent comme un dû acté.

L'échéance décisive est désormais fixée au lundi 13 avril. Sur le plan civil, le référé initié par la RTM sera examiné à 8 heures précises au Tribunal judiciaire de Fort-de-France.

La Présidente a déjà prévenu qu’aucun nouveau renvoi ne serait accordé et que l'affaire serait impérativement traitée.

Sur le plan social, une proposition de nouveau rendez-vous a été faite pour lundi ou mardi prochain (13 et 14 avril) afin d'aborder cet unique point juridique qui paralyse le réseau depuis 25 jours.


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