Infirmiers agressés : l'Ordre et les URPS peuvent désormais porter plainte à leur place
Un décret publié au journal officiel le 21 juillet 2026 permet désormais à l'Ordre national des infirmiers et aux Unions régionales des professionnels de santé de déposer plainte en lieu et place d'un soignant victime de violence, avec son accord. Une mesure pour aider les professionnels de santé à signaler les agressions dont ils sont victimes.
Le gouvernement s'était engagé à renforcer la sécurité des professionnels de santé à travers la loi Pradal, publiée le 9 juillet 2025. C'est désormais concret et officiel : par ce décret, l'Ordre national des infirmiers et les URPS sont autorisés à agir à la place des professionnels agressés.
Une mesure qui vise à lever les freins au dépôt de plainte et favoriser le signalement de faits qui demeurent encore trop souvent sous-déclarés.
Des agressions quotidiennes
Pour Marie-Line Dubréas, présidente de la Fédération Nationale des Infirmiers Libéraux de la Martinique, les professionnels de santé ne sont pas épargnés par les violences verbales et physiques :
Les agressions verbales on en a beaucoup. On en subit tout le temps par les patients. Comme les employés répondent à l'exigence du patient, le ton monte très vite. On doit être à la disposition du patient, faire ce qu'il veut.
Pour le gouvernement, cette mesure constitue une réponse concrète pour mieux accompagner les professionnels confrontés à des violences dans l'exercice de leurs fonctions.
Des femmes et des hommes touchés
Une violence qui touche aussi bien les femmes que les hommes, comme en témoigne cet infirmier exerçant en Martinique, sous couvert d'anonymat :
Nous sommes aussi, en tant qu'hommes infirmiers, confrontés à la même problématique que les femmes peuvent rencontrer lors de notre mission de santé, à savoir les problèmes de place. On peut être confronté à des voisins agacés et ça peut vite dégénérer en éclats de voix.
C'est en ce sens que ce nouveau décret doit permettre d'apporter une réponse rassurante et sécurisante aux professionnels de santé qui œuvrent sur le terrain, de l'aube jusqu'en soirée, sur l'ensemble du territoire.
Nous n'avons pas cette envie de déranger, bien au contraire, sauf que je suis solidaire des femmes qui se retrouvent, si vous voulez, isolées face à cette violence, qu'elle soit verbale ou physique. Parce que lorsque ça arrive, on est forcément seuls, on doit se débrouiller seuls.
Reste maintenant aux ordres professionnels, aux Unions Régionales des Professionnels de Santé, ainsi qu'aux fédérations d'employeurs et au ministère de la Justice, d'assurer un suivi opérationnel adapté aux réalités du terrain. Le but est de lutter contre toutes les formes de violences envers les professionnels de santé et de garantir qu'aucune agression ne reste sans réponse.
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