Journée mondiale de l’obésité 2026 : pourquoi les chiffres s'envolent-ils en Martinique ?

Par 04/03/2026 - 14:17 • Mis à jour le 04/03/2026 - 14:23

Plus d’un Martiniquais sur deux est en situation de surpoids en 2026. À l’occasion de la Journée mondiale contre l’obésité, focus sur les causes de ce fléau et les dispositifs d'accompagnement mis en place à la clinique La Valériane, à La Trinité.

    Journée mondiale de l’obésité 2026 : pourquoi les chiffres s'envolent-ils en Martinique ?

Ce mercredi 4 mars marque la Journée mondiale contre l’obésité. Chaque année, ce rendez-vous vise à sensibiliser le grand public à la prévention, au traitement et à la prise en charge de cette maladie chronique qui ne cesse de progresser.

En France, près de 10 millions de personnes seraient concernées en 2024. En Martinique, la situation est particulièrement préoccupante : plus d’une personne sur deux est en situation d’obésité ou de surpoids, avec une progression marquée chez les plus jeunes.

Une situation préoccupante en Martinique

Mathilde Verdon, médecin généraliste et médecin du sport formée en nutrition à la clinique La Valériane, dresse un état des lieux de la situation sur le territoire :

En Martinique, on a plus d'un Martiniquais sur deux en situation de surcharge pondérale. Donc ça comprend le surpoids et l'obésité. Cette obésité concerne un peu plus de 20% des patients. Les chiffres sont en constante augmentation, et chez les personnes les plus touchées, on retrouve une grosse augmentation de prévalence chez les 18-25 ans. Les personnes les plus touchées, actuellement, ce sont les femmes au-delà de 30 ans. Elles représentent la plus grande proportion de personnes en situation d'obésité.

Les causes de cette pathologie

La médecin généraliste de la clinique “La Valériane”, spécialisée en nutrition et sport, décrypte le mécanisme complexe de cette pathologie en soulignant l'accumulation des facteurs de risque :

Il y a les phénomènes qu'on retrouve un peu partout. De toute façon, on voit une augmentation des chiffres à l'échelle mondiale. Il y a beaucoup de facteurs. L'obésité, c'est une maladie complexe et multifactorielle. On retrouve donc les facteurs alimentaires avec une alimentation souvent déséquilibrée, riche en produits ultratransformés, des consommations qui sont également trop importantes en volume et en fréquence. Il y a un niveau de sédentarité en explosion, les écrans sont en grande partie responsables. Le niveau d'activité physique reste aussi insuffisant. Ce sont les deux principaux facteurs, mais il y en a d'autres qui viennent se rajouter : la prédisposition génétique et l'environnement dans lequel on évolue, et dans nos sociétés "obésogènes". Puis, il y a aussi d'autres facteurs assi comportementaux, comme l'insuffisance de sommeil, le contexte psychologique etc...

Une maladie en constante augmentation

Mathilde Verdon pose un diagnostic nuancé sur la situation aux Antilles, où la bienveillance sociale envers les formes peut parfois masquer l'urgence de la situation sanitaire :

Les chiffres continuent d'augmenter. Il y a aussi parfois un retard de prise en charge. Aux Antilles, on a une plus grande acceptation des rondeurs, ce qui peut être une bonne chose car il y a peut-être moins de stigmatisation. Mais à côté de ça, le pendant, c'est aussi qu'il a parfois des personnes en situation d'obésité et pour lesquelles c'est banalisé. Il n'y a pas de prise en charge. Sauf qu'on sait que plus c'est installé dans le, plus ça va être difficile de renverser la tendance.

Prévenir l'obésité dès l'adolescence

À la clinique "La Valériane", les jeunes de 12 à 17 ans bénéficient d’un accompagnement spécifique assuré par une équipe pluridisciplinaire. L'objectif : les aider à retrouver un équilibre et améliorer leur indice de masse corporelle. Livie Régina, infirmière référente en nutrition, détaille les modalités de cette prise en charge :

Nous ne faisons pas d'hébergement pour eux. On les accueille dans le cadre de l'hospitalisation de jour. On commence par une semaine de prise en charge. On appelle ça "la semaine d'intégration", pendant laquelle le jeune aura une prise en charge pluridisciplinaire avec le médecin, la diététicienne, les enseignants en activités physiques adaptées, la psychologue si besoin et l'infirmière. Pendant cette semaine, on va les accompagner, leur expliquer comment s'alimenter, l'importance de bouger et les conséquences de l'obésité sur la santé. Sur la semaine d'intégration, on va apporter un certain nombre de notions de façon dynamique auprès des jeunes. Donc, il n'est pas question de les ramener à l'école. On les accompagne, on leur permet de comprendre un peu tout ce qui se joue et de comprendre l'importance de mettre en place une hygiène de vie pour faire s'éloigner la maladie qui commence déjà à les toucher. Au cours de l'année, on continue de les suivre pendant les petites vacances scolaires.

Dans sa démarche de sensibilisation, l'infirmière référente en nutrition de la Clinique La Valériane souligne l'importance des bonnes habitudes quotidiennes :

Pour prévenir l'obésité, déjà, il faut bouger, surtout le jeune public. Il faut qu'ils puissent bouger au moins une heure par jour et faire de l'activité sportive. On sait que les jeunes sont très friands d'alimentation ultra-transformée, et de fast-foods. Au sein des cantines scolaires, on propose une alimentation équilibrée. Il faut donc prioriser cette alimentation en cantine scolaire plutôt que dans les roulottes à proximité des écoles.


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