« Nous demandons à la population martiniquaise de participer » : les élus réunis pour échanger sur la situation des transports
La situation du transport en Martinique était au cœur des discussions ce vendredi 10 juillet à l’hôtel de la CTM à Cluny. À l’initiative de Serge Letchimy, président du conseil exécutif, Arnaud René-Corail, le président de Martinique Transport, les représentants de CAP Nord, de l’espace Sud et de la CACEM ont été conviés ce matin à un temps d’échange sur cette problématique.
Depuis plusieurs semaines, la quasi-totalité du service est perturbée du Nord au Sud de l’île. En cause : des difficultés financières persistantes. L’enjeu de cette réunion : faire front commun et identifier des solutions durables. Parmi elles : la restructuration du modèle sur le territoire.
Avec 11 millions d’euros de recettes commerciales contre 230 millions d'euros de dépenses, il convient impérativement de résorber le déséquilibre financier.
Et cela pourrait passer par une participation des usagers à l’achat des titres de transport. Arnaud René-Corail, le président de Martinique Transport, explique :
Le financement général du transport représente à peu près 230 millions d'euros de dépenses. Maintenant, comment arriver à compenser ces 230 millions d'euros ? Il y a une part de la recette commerciale qu'il faudra augmenter.
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Une part de recette commerciale à laquelle les martiniquais et martiniquaises doivent contribuer selon lui. Il poursuit :
Nous demandons effectivement à la population martiniquaise, quand vous entrez dans un bus, de participer au paiement du ticket. Si ces personnes veulent continuer à utiliser les transports, il y aura une participation de leur part. C'est ce que nous souhaitons.
"Nous ne nous sommes pas réunis pour parler d'argent"
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Pour José Mirande, vice-président de l’Espace Sud, cette union des communautés d’agglomération est indispensable pour sortir de la crise. Il confie :
Nous devons être soudés et unis face à cette cause. C'est un outil indispensable à la Martinique qui permet un pouvoir d'achat supplémentaire des Martiniquais. Aujourd'hui, il y a une difficulté. Nous l’avons avoué, mais nous devons nous serrer les coudes. Il faut que les Martiniquais l'entendent aussi. Aujourd'hui, nous ne nous sommes pas réunis pour parler d'argent, mais pour parler de stratégies, de comment nous pouvons faire un certain nombre de choses pour pouvoir avoir la capacité de payer ce transport-là
Mais pour Didier Laguerre, président de la CACEM, la réponse ne peut pas être uniquement financière. Il affirme :
Quand vous avez des recettes qui ne couvrent pas vos dépenses et quand vous êtes obligé de faire appel aux financements publics, ce n'est pas juste en rajoutant de l'argent que vous allez réguler le problème. Il faut réorganiser, il faut revoir les différents paramètres qui vous amènent à avoir un tel besoin de financement. On ne traite pas le problème à la source et donc on a toujours besoin de rajouter des fonds. Et on se rend compte que ça ne marche pas mieux. Bien sûr qu'il va falloir revoir les contributions des uns et des autres, mais ce n'est pas juste en rajoutant de l'argent qu'on va régler notre problème
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Une nouvelle réunion est d'ores et déjà prévue d'ici une dizaine de jours entre les EPCI et Martinique Transport afin d'affiner la stratégie et d'aboutir à des mesures concrètes. À noter également que, dans un communiqué, l'Association des Usagers du Transport de Martinique (AUTM) regrette de ne pas avoir été invitée à cette réunion.
L'association estime que « cette absence est regrettable, alors même que les usagers sont les premiers impactés par la situation actuelle du transport sur notre territoire ».
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