Violences sexuelles sur mineurs : 267 dossiers en cours en Martinique
Alors que l'affaire Lyhanna mobilise l'opinion nationale, le parquet de Fort-de-France a organisé une conférence sur les violences sexuelles sur mineurs. Un temps pour faire le point sur la situation en Martinique : 65 procédures ouvertes depuis janvier 2026, 267 dossiers en cours et affirme qu'aucune plainte n'est classée sans suite sur le territoire, lorsqu'il y a des éléments.
Le parquet de Fort-de-France a dressé un état des lieux, ce jeudi 18 juin, concernant les violences sexuelles sur mineurs en Martinique. Depuis le 1er janvier 2026, 65 procédures liées à des violences sexuelles sur mineurs ont été enregistrées. À titre de comparaison, en 2025, le parquet a totalisé 259 procédures et reçu 1 000 signalements.
À ce jour, 267 dossiers sont toujours en cours sur le territoire. Ils concernent des viols, des agressions et des atteintes sexuelles sur des mineurs. Quinze magistrats, dont trois affectés à la section famille, traitent ces dossiers. Le parquet l'assure : aucune des procédures n'est en attente de transmission pour enquête.
« Aucune plainte n'est classée sans suite lorsqu'il y a des éléments »
Selon le dernier rapport de la CIIVISE, plus de 6 plaintes sur 10 sont classées sans suite au niveau national. Pour Patrice Camberou, procureur général de la Cour d'appel de Fort-de-France, la Martinique n'est pas concernée par ces chiffres :
Les parquetiers et les policiers, les gendarmes, c'est dans leur ADN de chercher et de trouver. C'est pour ça qu'ils ont fait ce métier. Ils ne vont pas classer sans suite une affaire dans laquelle il y aurait des éléments. Ce que je peux vous dire, c'est que ces chiffres-là, moi, je ne suis pas du tout certain qu'ils soient applicables à la Martinique. Ce que je peux vous dire, c'est qu'actuellement, il n'y a aucune plainte classée sans suite lorsqu'il y a des éléments pour des affaires d'agressions sexuelles et de viols en souffrance, aucune contestation de classement sans suite éventuelle, ce qui serait un bon révélateur d'une activité qui pose des questions.
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La police entend multiplier les moyens pour mieux recueillir les plaintes des victimes mineures selon Michel Aleu, directeur territorial de la police nationale :
Nous avons un groupe mineur qui est dédié à ce type de dossier. C'est un groupe à cinq effectifs qui va être renforcé en septembre de deux effectifs supplémentaires. Nous allons également créer une unité chargée de la lutte contre les violences faites aux mineurs. Et on espère, dans le cadre du plan d'investigation national qui est programmé, que la Martinique pourra bénéficier d'un renfort en effectifs. Quand de très jeunes enfants viennent nous signaler des agressions sexuelles ou des viols, c'est très compliqué pour eux de s'exprimer.
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