Transport scolaire dégradé en Martinique : bus bondés, élèves debout, parents et syndicats s'inquiètent
Depuis la rentrée, des élèves dénoncent des bus scolaires bondés où ils doivent voyager debout ou serrés à trois par rangée, faute de places suffisantes. Le SNUEP-FSU a interpellé le préfet pour exiger un service sécurisé, mais Martinique Transport rejette la responsabilité sur les inscriptions tardives et la fraude.
Le syndicat tire la sonnette d'alarme. Dans un communiqué, le SNUEP-FSU dénonce une situation qu'il juge dangereuse pour des mineurs : plusieurs élèves seraient obligés de rester debout dans les bus scolaires, faute de places assises suffisantes.
Le syndicat d'enseignants a interpellé le préfet, exigeant « un transport scolaire digne de ce nom pour tous les élèves de l'île, avec un nombre de bus suffisant et toutes les règles de sécurité attendues ».
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Une sécurité remise en question
Christophe Thégat, co-secrétaire du SNUEP-FSU Martinique, a détaillé la situation remontée par les élèves eux-mêmes :
Nous avons été saisis par nos propres élèves sur le fait qu'ils ne peuvent pas accéder dans les bus. Par exemple, ils nous demandent à partir beaucoup plus tôt parce que c'est la cohue pour entrer dans le bus et trouver une place assise. Et quand ils y sont, ils sont obligés de se mettre par trois, par rangée. Quand c'est possible, sinon, ils voyagent debout. On est très inquiets parce qu'un accident est vite arrivé. Nos élèves sont très gravement engagés quand ils ne sont pas assis dans le bus.
Contacté, Martinique Transport affirme au contraire « interdire la surcharge » des bus, ce qui a pour conséquence que certains élèves ne sont pas transportés. Selon l'organisme, « la vraie problématique est celle des parents qui inscrivent leurs enfants tardivement, ainsi que les fraudeurs qui ne sont pas inscrits mais forcent pour prendre le bus ».
Une rentrée perturbée
Le manque de transports en commun ne touche pas que les collégiens et lycéens. À l'École de la deuxième chance Martinique Sud, située à Rivière-Salée, l'absence de solutions de transport perturbe sérieusement la rentrée. L'établissement accompagne chaque année une centaine de jeunes de 16 à 30 ans, sortis du système scolaire et souvent sans qualification.
Depuis la rentrée, les absences se multiplient : faute de pouvoir rejoindre l'école, certains stagiaires tentent le stop, cherchent une solution sur les plateformes de covoiturage ou sollicitent leurs proches. Cette situation fragiliserait toute la chaîne d'apprentissage.
Pour Jill Octavia, directrice de l'École de la deuxième chance Martinique Sud, le risque de décrochage scolaire s'en trouve renforcé :
On a déjà des jeunes qui ont disparu, qui se sont découragés parce qu'ils ont suivi un parcours pendant de longs mois. Ils se sentaient prêts. Et puis, il y avait aussi tous ceux qui avaient terminé leur parcours au mois de juillet, qui avaient trouvé un emploi, qui rentraient enfin dans le monde du travail et qui se retrouvent encore empêchés. Et parallèlement à ces difficultés de transport, les moyens de l'EDC sont également amputés puisque nous avons nettement moins de subventions qu'avant. Et tout ça rend notre mission extrêmement difficile.
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