Procès Moundras : la personnalité des deux accusés analysée à la barre
Franklin Hippolyte et Elijah Henville comparaissent depuis ce matin (lundi 15 décembre) devant la cour d’Assises de Martinique, dans le cadre du procès Rodny Moundras, tué à Godissard en 2014. Pour ce premier jour d’audience, la cour s’est penchée sur le profil psychologique des deux accusés.
Dans le box des accusés au premier jour de procès devant la Cour d'Assises, Franklin Hippolyte apparaît calme et répond à toutes les questions qui lui sont posées. Il explique avoir rencontré son co-accusé Elijah Henville quand il était jeune. Il aurait travaillé pour lui, faisant des petits jobs de jardinage et de mécanique.
Il reconnaît avoir été dans la voiture décrite par les témoins du meurtre de Godissard, et affirme avoir été menacé par son complice qui lui demandait de tuer la victime et de prendre la chaîne qu’il avait autour du cou.
Pas de pathologie psychiatrique
Le docteur Thierry Della, livre ses conclusions sur l’expertise psychiatrique de Franklin Hippolyte, qu’il a réalisée en 2020. Il avait rencontré l'accusé alors qu’il était incarcéré à la prison de Ducos pour une affaire de vol aggravé.
Pour le psychiatre, c’est très clair : il ne relève ni maladie mentale, ni dangerosité particulière sur le plan psychiatrique. Néanmoins, Franklin Hippolyte montre un véritable manque d’empathie envers la victime.
Pendant l’entretien avec le psychiatre, il mentionne uniquement l’impact de ce meurtre sur lui, le fait que ça l’ait mené à la détention. Il n’a aucun renseignement sur la victime et dit que cette mort « n’est pas grave ».
Selon l’expert, l’accusé a des traits de personnalité antisociale et ne réalise pas la gravité de ce qu’on lui reproche.
Expertise d’Elijah Henville
En visioconférence, le docteur Jean-Jacques Benichou lit l’expertise psychiatrique d’Elijah Henville, réalisée dans le cadre d’un autre dossier, pour lequel le ressortissant de Sainte-Lucie est accusé de meurtre en bande organisée et détention d’armes.
Là non plus, l’expert ne relève pas de pathologie psychiatrique, mais Elijah Henville présente « une structure psychopathique et perverse » et une personnalité antisociale. Le psychiatre précise :
Elijah Henville ne formule aucun remord, aucune culpabilité. Il est dans le déni permanent des faits et la manipulation.
A l’époque, il a estimé qu’il y avait un risque de récidive, du fait de sa personnalité et de sa dangerosité.
Le procès se poursuit jusqu'à vendredi.
√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS MARTINIQUE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.





