Procès Kereneur : les regrets des proches de la victime et de l'accusé au premier jour d'audience

Par 07/01/2026 - 07:47 • Mis à jour le 08/01/2026 - 05:12

Ce mardi 6 janvier, le procès de Sylvain Kereneur, accusé du meurtre de son ex-compagne Karina Antunes Gama De Sousa en 2020 en Guyane, s'est ouvert. À la barre, les proches de l'accusé et de la victime ainsi que les enquêteurs livrent tour à tour leur version des faits sur les circonstances du drame.

    Procès Kereneur : les regrets des proches de la victime et de l'accusé au premier jour d'audience

Ce mardi 6 janvier, le procès Kereneur s'est ouvert devant la cour d'assises de Martinique à Fort-de-France. Sylvain Kereneur, 39 ans, reconnaît son implication dans la mort de sa compagne Karina Antunes Gama De Sousa. Ce dernier affirme pourtant l’avoir étouffée "par accident" après qu’elle l’ait menacé avec un couteau. Kereneur a ensuite voulu brûler son corps au pied d’un pont. "Pris de remord", le trentenaire se serait arrêté.

Les antécédents médicaux de l'accusé sont nombreux. Ils sont été évoqués dès l'entame du procès : de nombreux AVC et infarctus, du diabète… À la barre, l'homme bégaie et a du mal à s’exprimer. Le compte rendu de l’expertise psychiatrique de l’accusé, réalisée par le docteur Thierry Della est formel.

Un profil troublant

Selon lui, Sylvain Kereneur ne souffre d’aucune maladie mentale ou autre trouble qui pourrait altérer sa responsabilité. L'absence d’empathie de l'accusé questionne : le psychiatre évoque des "traits de personnalité perverse" pour décrire Kereneur, un homme autocentré avec "peu de prise en compte de l’impact". Au moment d'aborder la question meurtre, l’accusé avait évoqué une "bêtise" commise.

Cette absence d’empathie a également été soulignée par Stéphane Millot, l’un des directeurs d’enquête entre 2020 et 2021. Revenant sur la chronologie des faits, il a évoqué la relation tumultueuse entre Sylvain Kereneur et son ex-compagne. Selon les proches de la victime, l’accusé se montrait possessif et se livrait à des comportements maltraitants.

Selon le directeur d’enquête, l'implication de Sylvain Kereneur dans le meurtre ne fait aucun doute. Plusieurs zones d'ombre demeurent toutefois : pourquoi Sylvain Kereneur a-t-il continué à étouffer Karina Antunes Gama De Sousa après qu'elle a perdu connaissance ? Les membres de la famille ont-ils été informés au moment des faits ? Dans quelles circonstances la victime a-t-elle été tuée ? Autant de questions restées sans réponses, l’accusé ayant fait valoir son droit au silence sur ces questions.

Les différentes dépositions à la barre

Au sein de la cour d'assises, plusieurs dépositions et témoignages s'opposent, notamment ceux du père de l'accusé et de la tante de la victime. D’un côté, la tante de Karina Antunes Gama de Souza parle d’une relation "toxique et dangereuse", et note un "changement de mentalité" au moment où sa nièce a entamé une relation avec Sylvain Kereneur.

Elle explique qu’elle l’avait encouragée à porter plainte quand ce dernier l’avait giflée, mais ne l’avait pas fait car "amoureuse". Interrogée par le président de la cour sur le moment où elle a compris que Sylvain Kereneur "n'était pas quelqu'un de bien", la tante de la victime évoque une ordonnance judiciaire établie à son nom.

Celle-ci concernait une autre affaire similaire de féminicide en 2006 pour laquelle Kereneur a été mis en cause. Un dossier qui devrait être rouvert après l'identification d'un nouvel élément à charge. Interrogée sur ce que la famille attend de ce procès, la tante de la victime répond simplement qu’elle souhaite "que Sylvain puisse purger sa peine".

"Mauvaise décision"

L'audience s'est poursuivie avec le témoignage du père adoptif de Sylvain Kereneur, avec lequel l'accusé a toujours eu de bons rapports. C'est vers lui que ce dernier s’est tourné pour avouer le meurtre le soir même des faits. Le père n’a toutefois pas immédiatement contacté les forces de l’ordre.

Le père se dit aujourd’hui "coupable", expliquant avoir conseillé à son fils d’attendre le lendemain avant de se rendre à la gendarmerie.

Le lendemain, je lui ai dit que c’était aux forces de l’ordre de faire leur travail et qu’on viendrait le chercher quand on aurait besoin de l’entendre.

Interrogé sur les raisons pour lesquelles il n’a pas alerté immédiatement les forces de l’ordre, le père de l’accusé répond, avoir "pris une mauvaise décision". Il a dit croire à la thèse de l'accident, avancée par son fils.

Bien sûr, il doit payer. Enlever la vie de quelqu’un, c’est dramatique, mais je comprends aussi qu’il ne voulait pas la tuer. Il l’aimait, ce sont les circonstances qui ont conduit à cela.

L'audience se poursuit ce mercredi à partir 8 heures. Le second directeur d’enquête sera entendu dès ce matin.


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