Meurtre de Camille Pierre : en appel, Lionel Griffith livre une nouvelle version des faits

Par 23/06/2026 - 05:50 • Mis à jour le 23/06/2026 - 06:34

Condamné à 28 ans de réclusion criminelle en première instance, Lionel Griffith comparaît en appel devant la cour d'assises de Fort-de-France pour le meurtre de sa compagne Camille Pierre, tué d'un coup de fusil dans la nuit du 8 au 9 novembre 2020. Au deuxième jour d'audience (lundi 22 juin) l'accusé a livré une septième version des faits.

    Meurtre de Camille Pierre : en appel, Lionel Griffith livre une nouvelle version des faits

Avant cette audience, Lionel Griffith avait déjà livré pas moins de six versions différentes du drame. Hier après-midi (22 juin), jugé en appel pour le meurtre de Camille Pierre, il a pris la parole pour dire, selon ses propres mots, « la vraie vérité » sur la soirée du 8 au 9 novembre 2020.

Selon sa chronologie, après avoir récupéré Camille Pierre à son domicile de Tartane pour rentrer à Cap Macré au Marin, où il vivait au sous-sol de la maison de sa mère, il dit s'être inquiété de la présence d'un 4x4 à l'entrée. Face à ce qu'il considérait comme un danger, il lâche ses chiens et saisit son fusil vers 21 heures, après en avoir ôté la sécurité.

Vers 4 heures du matin, ne voyant pas revenir ses chiens, il interroge Camille Pierre, sa compagne avec laquelle il entretenait une relation toxique sous fond de consommation de drogue. Il affirme qu'elle l'a menacé, lui et sa famille. Alors qu'elle est allongée, il dit lui avoir pointé l'arme sur la tête pour lui ordonner de partir, avant que le coup ne parte. « Elle me menace je la braque avec mon fusil et le coup est accidentel » À la barre il dit aussi qu’il « ne voulait pas la tuer mais [qu’il] se sent responsable de sa mort »

Plusieurs témoignages à la barre

Plus tôt dans la journée, enquêteurs, gendarmes, une ancienne petite amie de l'accusé et un expert en morpho-analyse de sang avaient été entendus. Dans l'après-midi, le médecin légiste est revenu sur l'examen du corps et la reconstitution des faits. La mère de Lionel Griffith a également été interrogée sur les nombreux échanges téléphoniques entre elle et son fils dans la nuit du drame.

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Les trois sœurs de Camille Pierre, présentes à l'audience, ont décrit une aînée aventurière, débrouillarde, travailleuse et bienveillante, malgré des fréquentations difficiles et des années marquées par la drogue, la prostitution et l'alcool.

Joseph Pierre, sœur de la victime, n'est pas soulagée par les déclarations de l'accusé :

 J'ai l'impression qu'il veut dire une partie de la vérité, mais qu'on ne saura jamais le fond réellement. C'est difficile parce que déjà, la première fois, quand on avait quitté le tribunal, il avait été condamné à 28 ans. Mais on se rend compte qu'on se bat pendant des années pour quelque chose. Et au final, quand on quitte, on se rend compte qu'on n'a jamais gagné parce qu'elle n'est jamais revenue pour ça.

Elle a tenu à rappeler l'image de sa sœur : 

C'est important qu'on sache aussi que c'était une bonne personne, qu'elle avait une famille aimante et qu'on était quand même là, et que même elle, elle était là pour nous.

La famille de Camille Pierre demande dignité et justice pour cette dernière.


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