Abattoir de Martinique : l'AMIV s'oppose aux accusations de « sévices graves et mauvais traitements »

Par 26/03/2026 - 13:37 • Mis à jour le 26/03/2026 - 13:40

Accusé de maltraitance animale par l'association L214, qui a déposé plainte et réclame sa fermeture, l'abattoir de Martinique est au cœur d'une vive polémique. Face à ces images, Henri Basson, président de l’AMIV, défend la conformité des pratiques et alerte sur les risques sanitaires majeurs qu'entraînerait un arrêt de l'activité.

    Abattoir de Martinique : l'AMIV s'oppose aux accusations de « sévices graves et mauvais traitements »
Abattoir territorial du Lamentin

Des images insoutenables font surface : dépeçant des animaux possiblement encore conscients et révélant des méthodes d'abattage litigieuses, une nouvelle enquête de l'association L214 accable l'abattoir territorial du Lamentin.

À la suite de ces séquences filmées en début d'année 2026, l'organisation a déposé plainte auprès du procureur de la République et exige désormais la fermeture définitive du site « pour sévices graves et mauvais traitements ».

Lire aussi : Abattoir de Martinique : des animaux « décapités malgré des signes de vie » selon le directeur d'enquête de L214

"Une insulte à la profession"

Face à ces accusations de dysfonctionnements structurels, la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) a réagi en annonçant une enquête approfondie.

Face aux accusations de maltraitance animales de l'abattoir, Henri Basson, président de l’AMIV (Association Martiniquaise Interprofessionnelle de la viande), rétablit sa vérité sur le protocole de mise à mort pratiqué par l'établissement :

Pour moi, c’est une insulte à la profession. Pourquoi ? D'abord parce qu'on a violé le droit de l’abattoir en s'y introduisant en cachette pour poser des caméras. Ensuite, affirmer qu'on découpe de la viande vivante est une chose que je ne peux pas cautionner. Pourquoi ? Parce que les bêtes sont anesthésiées par une petite balle. Une fois tombées, elles sont suspendues pour la saignée, et c'est seulement après leur mort qu'on enlève la peau. On ne peut donc pas dire qu'on découpe de la viande vivante ou qu'on fait n'importe quoi. Un service vétérinaire de l’État est présent sur place pendant toute la durée de l’abattage ; ils ne cautionneraient jamais de telles pratiques. De plus, la directrice de l’abattoir est extrêmement rigoureuse sur ces questions.

Le risque sanitaire d'une éventuelle fermeture

Henri Basson met particulièrement en garde contre les risques sanitaires majeurs qu'entraînerait une fermeture, notamment dans le contexte sensible de la pollution des sols :

Je ne peux pas accepter que l’on réclame la fermeture de l’établissement. Si je comprends bien, demander cette fermeture revient à empoisonner les consommateurs que nous sommes. Pourquoi ? Parce que sans abattoir, chacun tuera ses bêtes chez soi. Avec la problématique du chlordécone que nous connaissons, c'est toute la Martinique que l'on va empoisonner. Il faut être raisonnable dans nos exigences. S’il y avait un véritable problème, je serais le premier à le dénoncer. Mais je ne comprends pas qu’on demande une fermeture pure et simple. Si un souci existait, on pourrait demander de le corriger, de mener une enquête ou de voir ce qu'il convient de faire, mais on ne peut pas exiger d'emblée la fermeture. Ça, je ne peux pas le cautionner.


√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS MARTINIQUE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.

Tags

À lire également