« Je ne veux pas aller en Europe » : des étudiants préoccupés face à la suppression de formations
À quelques jours de la rentrée, l’inquiétude monte chez les étudiants et les enseignants des Instituts Nationaux Supérieurs du Professorat (INSPE). Plusieurs syndicats et collectifs d’étudiants se sont réunis hier matin (23 août) à Rivière-Pilote pour dénoncer la suppression de certaines formations du master Métiers de l’enseignement à l’Université des Antilles.
Ils regrettent notamment que ce master soit désormais réservé aux lauréats du concours de l’enseignement. Avec une crainte : voir certains étudiants contraints de s’expatrier dans l’Hexagone pour poursuivre leur cursus.
Dahina, jeune diplômée du master Métiers de l’enseignement à l’INSPE, déplore cet « exil forcé » :
Il y a tellement d'incertitudes, nous n’avons pas d’informations concrètes, ça change constamment, on est dans un flou. Il y en a qui sont déjà partis dès le début des camps de vacances ont décidé de la fin de l'année. Ils ont décidé de partir en France parce qu'ils pensent qu'il y aura plus d'opportunités, qu'il n'y aura pas en Martinique. J'aimerais rester en Martinique.
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L’adaptation est une charge supplémentaire
Un constat qui attriste cette étudiante, et qui accentue un décalage entre les jeunes des Outre-mer et les hexagonaux, même diplômés. Elle poursuit :
Je ne veux pas aller en Europe, je ne le souhaite pas. Il faut un temps d'adaptation lorsqu'on est envoyé dans un territoire qu'on ne connaît pas, pour apprendre l'histoire et la culture. Quand on est envoyé en Hexagone, on se retrouve à devoir faire ce travail. C’est une charge de travail supplémentaire qui n'est pas évidente, surtout quand on est un nouvel enseignant. On doit s'habituer au programme, aux classes, à la réalité du terrain.
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Environ 45 % des bacheliers des Outre-mer (près de 40 000 étudiants) poursuivent leurs études supérieures dans l'Hexagone, selon une note officielle du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (SIES) portant sur la poursuite d'études des bacheliers des territoires d'Outre-mer.
Ce départ massif est souvent forcé par le manque de filières spécialisées locales, accentuant l'exil des jeunes et posant un défi majeur d'aménagement et d'attractivité pour ces territoires.
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