Portique effondré sur le port : l'attribution du chantier de démantèlement contesté par le BTP martiniquais
Attribué à une entreprise de l'Hexagone, le chantier de démantèlement du portique effondré à la Pointe des Grives (Fort-de-France) provoque la colère de plusieurs professionnels du BTP martiniquais, qui dénoncent une mise à l'écart.
La colère monte chez certains entrepreneurs du BTP en Martinique. En cause : l'attribution du chantier de démantèlement du portique effondré en septembre dernier à la Pointe des Grives, à Fort-de-France, confié à une entreprise de l’Hexagone.
Dans un secteur déjà fortement touché par la crise, plusieurs professionnels du territoire dénoncent une mise à l’écart systématique.
C'est notamment le cas d'Olivier Flavien, directeur de Metaldome, ainsi que de Fabien Giacometti, gérant de la société de démolition SDGI et de Skyline BTP.
Des acteurs locaux écartés ?
Ces derniers regrettent que l’entreprise nationale retenue ne sollicite pas le tissu économique martiniquais, y compris pour la gestion des déchets et les réseaux de recyclage locaux. Fabien Giacometti exprime son incompréhension face à cette décision :
Moi, je suis dans la démolition depuis plus de 15 ans. On a une entreprise qui est équipée de paires de démolition et un savoir-faire qui se perpétue de manière transgénérationnelle. Du coup, on est un petit peu étonné de ne pas pouvoir faire partie de cette aventure. Au niveau du tri des déchets, il semblerait aussi que l'entreprise ne passe pas par les filières locales de recyclage qui sont bien connues, avec les éco-organismes déjà en place. Je suis très surpris. C'est dommage de savoir que des entreprises locales peuvent, si elles se regroupent, faire ce démantèlement sans problème. Et puis, finalement, on a toujours quelques miettes.
La réponse du Grand Port Maritime
Face à ces inquiétudes, la direction du port apporte un son de cloche bien différent. Le président du directoire du Grand Port Maritime, Bruno Mencé, assure en effet que les acteurs locaux seront bel et bien intégrés aux opérations.
Divers volets logistiques et techniques leur sont déjà réservés, comme la base de vie, les grues, les nacelles, l'approvisionnement en gaz, les études de sol ou l'apport de matériaux.
Par ailleurs, des lots importants tels que la chaudronnerie et le traitement de la ferraille restent encore à attribuer.
Bruno Mencé invite ainsi les entrepreneurs locaux à se positionner proactivement auprès de l'entreprise sous-traitante principale :
Je trouve que le directeur qui s'est exprimé s'emporte un peu vite. Je lui conseille de se rapprocher de l'entreprise attributeur du marché de façon à vendre ses compétences et son savoir-faire. Nous sommes dans un marché concurrentiel.
Un soutien réaffirmé à l'économie locale
Le président du directoire en profite pour réaffirmer le rôle du Grand Port Maritime comme soutien majeur de l'économie territoriale, rappelant que les grands projets d'infrastructure profitent régulièrement aux sous-traitants martiniquais :
Le port vient de réaliser 11 millions d'euros d'investissement pour mettre en place un smart grid. Ces 11 millions ont bénéficié à une entreprise extérieure qui a eu le marché, mais tous les travaux ont été faits par des entreprises locales. Le port, par nature, fait travailler le tissu économique local. Nous y sommes très attachés, mais il faut que ce soit possible dans le cadre concurrentiel.
Ce chantier d'envergure pour le démantèlement du portique effondré doit s'étaler sur plusieurs mois.
√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS MARTINIQUE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.





