La filière Canne-Sucre-Rhum dresse un bilan en demi-teinte avant l'ouverture de la récolte

Par 19/02/2025 - 19:26 • Mis à jour le 19/02/2025 - 20:40

La filière Canne, Sucre, Rhum de Martinique a dressé hier (mardi 18 février) l’état des lieux de 2024 et ses perspectives pour cette nouvelle année. Les différents acteurs du secteur étaient tous réunis à l’hôtel Impératrice de Fort-de-France.

    La filière Canne-Sucre-Rhum dresse un bilan en demi-teinte avant l'ouverture de la récolte

La SICA Canne Union, le Centre technique de la canne et du sucre, Codérum et le syndicat de défense de l’AOC Martinique ont présenté un bilan en demi-teinte.

La production de canne a connu une très légère baisse de 1,05% par rapport à 2023. La qualité de la canne a eu un fort impact sur la quantité de sucre produite par l'usine du Galion. 660 tonnes en 2024 sont sorties de la chaîne de production contre 1034 en 2023.

La production de rhum a aussi encaissé une baisse 8%  La consommation de rhum sur le territoire par ailleurs enregistré une baisse au regard de la fréquentation moins importante dans les distilleries.

Hors du territoire, l’achat du Rhum AOC a reculé de 2,3%, une première depuis plus de 10 ans.

Sur ce sujet, Marc Sassier , le président du Syndicat de défense de l’AOC Martinique, se veut néanmoins rassurant :

On a toujours cette mode mondiale, où on a réussi aussi à imposer deux noms qui sont Martinique et agricole. Ces deux noms sont les faire valoir de notre production. L'année prochaine, en plus, on va fêter les 30 ans de l'AOC Martinique

La consommation sur le territoire connaît néanmoins un certain regain :

Le rhum est revenu un peu au goût du jour. Et ça, c'est important parce que les Martiniquais sont les premiers à pouvoir en parler à tous les touristes qui représentent quand même la majorité de la consommation dite locale. Ils représentent les deux tiers des achats puisqu'ils repartent avec ou ils le consomment localement. Mais à ce moment-là, c'est à nous de leur donner aussi les clés de notre appellation et les clés de notre spécificité

La pluie, ennemie de la canne

L'année 2025 ne se présente pas de la meilleure des façons. La pluviométrie qui perdure pousse les professionnels du secteur à repousser le début de la récolte de la canne.

 Elle pourrait commencer d’ici avril si tout va bien. Les années précédentes, les champs étaient exploités dès le mois de février.

Erick Eugénie, le président du centre technique de la canne et du sucre, dépeint une situation compliquée dans les champs

Aucune distillerie n'a démarré alors que d'habitude, en février, on avait au moins trois distilleries qui tournaient. Il y a une distillerie dans le Nord qui a fait des essais. Ils ont arrêté un quart d'heure après parce que les engins abîmaient les champs et en plus, les cannes à analyser n'étaient pas bonnes du tout. Alors, on est inquiets. On est très, très inquiets parce qu'on ne connaissait pas ce phénomène de pluie en décembre, janvier, février. Et les prévisionnistes parlent de mars. On est inquiets parce qu'on a une fenêtre de tir pour la récolte qui s'est raccourcie

En plus de rendre les champs impraticables, la pluie favorise la pousse de la canne au détriment de l'accumulation de sucre. Les planteurs et les usiniers espèrent néanmoins l'arrivée de la chaleur, même tardivement :

Si, comme le disent certains prévisionnistes, nous avons un carême décalé, peut-être qu'on pourra récolter des cannes en juin, juillet, dans de bonnes conditions. On est très découragé par les situations compliquées qui s'enchaînent. Ce sont des années difficiles, mais nous sommes résilients et on continue

En 2024, 206 000 tonnes de cannes à sucre ont été récoltées en Martinique contre 209 000 en 2023.

En raison des conditions climatiques déjà difficiles en 2024, ce sont 4000 tonnes de cannes qui avaient dû être laissées sur pieds.


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