Kabarè Z : le premier cabaret caribéen et féministe voit le jour en Martinique
C’est une grande première : la Martinique accueille cette semaine un cabaret d’un genre inédit, caribéen, féministe et résolument contemporain. Ce week-end, la salle de l’Arobase, à Schoelcher, ouvre ses portes au Kabarè Z, un spectacle porté par l’association Zanmi et placé sous la direction artistique de la sociologue, autrice et performeuse Nadia Chonville.
Entre fête, politique et revendication culturelle, le Kabarè Z ambitionne de réinventer les codes du cabaret classique pour en faire un espace profondément ancré dans les réalités caribéennes et dans les luttes féministes actuelles.
Danse, musique, poésie, performance : le Kabarè Z réunit un casting éclectique où brillent Rajah the Mpress, Madi, Jann Beaudry, Sarah Sabin, et bien d’autres artistes engagés. Toutes et tous partagent une même volonté : célébrer une Caraïbe libre, plurielle, créative, loin des clichés et des normes imposées.
Si l’on connait Nadia Chonville en tant que sociologue et femme politique, c’est sous une autre casquette, en coulisses et sur scène qu’on la retrouve. Elle assure la direction artistique de ce projet qu’elle conçu minutieusement durant deux ans avec un casting exigeant dont elle est la première fan.
Nadia Chonville, exprime un bel enthousiasme.
Je suis la première fan de ce que nous créons. Je suis dans une période de kiff incroyable. Mon premier travail, c’est de trouver les artistes géniaux, puis d’organiser tout cela comme une cheffe d’orchestre. Le soir venu, j’accueille le public : l’hospitalité a toujours fait partie de moi. Et en tant qu’intellectuelle féministe, j’apporte aussi le contexte, les mots, les transitions. Oui, on va parler du patriarcat.
Le Kabarè Z se veut ainsi un espace d’expression totale : festif, politique, viscéralement caribéen. Le spectacle veut bousculer les codes, célébrer nos corps, nos voix, nos héritages… et poser les bases d’une véritable filière du cabaret d’ici.
Une résidence d'artistes au Palais de Tokyo
Le cabaret est pensé et conçu en Martinique et a abouti à une résidence artistique dans le prestigieux Palais de Tokyo à Paris.
Là-bas, la troupe a bénéficié de l’accompagnement d’artistes internationaux et de la rencontre avec des performeurs antillais qui vivent aujourd’hui du cabaret, mais en Europe.
Toute la troupe martiniquaise a pu bénéficier de l’accompagnement d’artistes de renommée internationale. De quoi peut être dans un futur proche créer une “filière cabaret” chez nous.
Les artistes martiniquais ou guadeloupéens qui brillent dans le cabaret travaillent à Paris ou à Londres. En Martinique, il n’y a pas de cabaret, pas de marché pour elles. Alors nous sommes allés là où elles se trouvent. Ce sont elles qui nous ont formés et aidés à dessiner ce que serait un cabaret caribéen féministe chez nous.
Cette expérience pourrait marquer un tournant. Pour la première fois, un projet local explore la possibilité de faire émerger une véritable “filière cabaret” en Martinique, offrant des perspectives nouvelles aux artistes du territoire.
Écoutez l'entretien complet de Nadia Chonville
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