« Bélya pou Lasotè » : une journée pour célébrer la culture agricole, à Fonds-Saint-Denis
Hier (samedi 27 décembre), une journée baptisée « Bélya pou Lasotè » s’est tenue sur la place Jules Pain de Fonds-Saint-Denis, de 7h30 à 20h. Quelques jours après la liquidation judiciaire de l’association Lasotè, cet événement a permis de réunir différents acteurs du monde agricole et culturel, autour d’un temps d’échange.
La culture et la mémoire étaient au cœur d’un temps fort hier (samedi 27 décembre, sur la place Jules Pain de Fonds-Saint-Denis. La journée baptisée « Bélya pou Lasotè » a rassemblé de nombreux acteurs du monde agricole et des artisans, de 7h30 à 20h.
Organisée avec le soutien des mairies de Fonds-Saint-Denis, de Bellefontaine et du Morne-Vert, cette rencontre a été pensée comme un moment de réflexion et de projection, après la liquidation judiciaire de l’association Lasotè, prononcée le 17 décembre par le tribunal de commerce.
Des anciens membres de l’association, des artistes et des sympathisants ont pris la parole, pour partager leurs projets et imaginer l’avenir de la transmission de la culture et des savoir-faire.
Un événement important pour Annick Jubenot, directrice de l’association Lasotè. Selon elle, la journée Bélya pou lasotè a ravivé la chaleur des moments « antan lontan » :
L’association Lasotè a été liquidée le 17 décembre 2025, mais on n’a pas liquidé le lasotè. On n’a pas liquidé ces gens qui se sont mis ensemble il y a 20 ans pour faire revivre une pratique qui était complètement morte. On était entre 600 et 700 personnes à Fonds-Saint-Denis, c’est un magnifique cadeau. C’était un très beau moment, j’en ai eu les larmes aux yeux. Tous les aspects de notre culture ont été touchés, aussi bien ceux de la côte nord caraïbe que ceux de la côte nord atlantique, et nou ka fè yon. C’est ça le beau cadeau de Bélya pou Lasotè : être heureux d’être ensemble. »
Préserver la culture
Pour Alain Legares, conteur, cette mobilisation est essentielle pour préserver la culture du lasotè :
Césaire avait dit : seule la culture peut sauver un homme. En Martinique, on était un désert culturel. Il n’y avait rien pour nous, et pas de jeunes qui entraient. Le lasotè fait partie de ma culture, je suis obligé de venir pour le défendre. Ce rassemblement, c’est du partage : on échange, on résiste.
Par ailleurs, la CTM a été mise en cause par les dirigeants de l’association, pour le non-versement de fonds européens. La Collectivité Territoriale de Martinique a réagi cette semaine sur ses réseaux sociaux. Elle explique ne pas pouvoir procéder au règlement, en l’absence de pièces justificatives requises. Elle se dit toutefois prête à « continuer de soutenir et d’accompagner les initiatives contribuant à la valorisation du patrimoine agricole et culturel de la Martinique. »
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