"Être au contact de la terre" : la pratique ancestrale agricole du lasotè a de beaux jours devant elle
Dans l’extrême nord de la Martinique, le premier lasotè de l’année a eu lieu au quartier Grand Case au Prêcheur. Héritée des pratiques agricoles d’autrefois, cette technique consiste à labourer la terre manuellement, au rythme des tambours et des ti-bwa. Une tradition particulièrement adaptée aux terrains pentus, qui permet de préparer les parcelles avant les plantations, tout en favorisant l’entraide et la convivialité. Une cinquantaine de personnes y ont participé.
Pendant plus de deux heures, les bénévoles labourent en cadence par plus de 30 degrés. Un coup de main bienvenu pour Yann, propriétaire de cette parcelle située à Flandre Morne :
C'est plus d'efforts, mais le tracteur agricole ne travaille pas souvent en pente. Soit ça glisse, soit ce n'est pas mécanisable du tout. La seule chose, c'est de travailler à la main.
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La force des bras en échange d'un repas, cette pratique agricole ancestrale est entièrement basée sur la solidarité, comme l'explique Annick Jubéno, membre de l'association Lasotè :
On ne paye pas le lasotè. C'est « aujourd'hui chez toi, demain, c'est moi qui ai besoin de toi, tu viendras chez moi » et on continue comme ça. Et ça se finit toujours par un temps de partage autour d'un repas. On est vraiment dans ce respect-là. Et ceux qui ne respectent pas ça, automatiquement se trouvent évincés par eux-mêmes par leur comportement.
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Sandra est une habituée de cette pratique. Dès qu'elle en a l'occasion, elle n'hésite pas à prendre part à ses moments :
C'est être ensemble et être au contact de la terre, c'est une force.
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Du haut de ses 85 ans, Hubert manie la roue avec aisance. Son énergie, il la puise dans le son du tambour :
Même si on est fatigué, on n’est pas fatigué. Parce qu'accompagnés de la musique, vous allez danser. Quand il n'y a pas de musique, ça ne va pas. Quand il y de la musique, vous dansez sans problème, vous n'êtes pas fatigué. C'est comme ça que ça fonctionne.
Au total, près de 500 mètres carrés de terre ont été préparés. Ce dimanche (23 août), la parcelle pourra accueillir les premières plantations de laitue.
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