Brazza Ouidah Saint-Denis, l’histoire des tirailleurs des colonies à l’Atrium

Par 17/05/2024 - 13:31 • Mis à jour le 17/05/2024 - 13:34

La pièce de théâtre Brazza Ouidah Saint-Denis est présentée ce vendredi soir (17 mai) à Tropiques Atrium. Elle raconte l’histoire des tirailleurs des colonies françaises pendant la seconde guerre mondiale.

    Brazza Ouidah Saint-Denis, l’histoire des tirailleurs des colonies à l’Atrium
Brazza Ouidah Saint-Denis est jouée ce vendredi 17 mai à 19h30, à Tropiques Atrium. Photo de Luc Maréchaux.

Brazza Ouidah Saint-Denis, est une pièce de théâtre de passage en Martinique. Avec plus de quarante représentations, la pièce raconte l’histoire des tirailleurs des colonies françaises pendant la seconde guerre mondiale.

Deux jeunes, dans deux histoires parallèles, se chevauchent tout au long de la pièce et partent à la recherche de leurs origines.

La metteuse en scène, Alice Carré, qui s’est inspirée de faits réels, souhaite mettre l’accent sur des parties de l’histoire méconnues et peu enseignées à l’école.

Deux représentations sont prévues en Martinique, la première pour les scolaires a eu lieu hier et la seconde, ouverte au public et jouée dans la salle Frantz Fanon de l’atrium, se tient ce vendredi 17 mai, à 19h30.

3ème spectacle d'Alice Carré en Martinique

C’est le troisième spectacle qu’Alice Carré présente en Martinique. Un spectacle qui, pour elle, résonne avec l’histoire de l’île.

On joue Salle Frantz Fanon et Frantz Fanon était engagé dans la 2ème guerre mondiale comme soldat. Et c’est au moment de cette guerre qu’il a pris conscience des injustices et des différences de traitement entre les Français et les Français des colonies. Il y avait aussi beaucoup de tirailleurs des Antilles et je sais que ça va résonner. Peut-être que des gens dans la salle auront des choses à nous raconter. Ce sont des moments de partage super précieux de pouvoir continuer à discuter et se souvenir ensemble, comme disait Glissant. Je pense qu’on n'est pas du tout au clair avec ce passé-là, encore trop peu transmis. Il faut continuer à réécrire le passé et à raconter l’Histoire, pas seulement de la France hexagonale mais de tous les territoires occupés par la France

La metteuse en scène revient sur le sens de ce spectacle pour elle et les comédiens.

Pour moi, ça a été une prise de conscience. J'ai quand même fait beaucoup d'années d'études et ces histoires-là, on ne me les a pas transmises, on ne me les a pas racontées. On joue en salle Franz Fanon, ce sont eux qui m'ont donné les livres de Franz Fanon, qui m'ont dit : « Il faut que tu lises ça ». Pour moi, ça a été une prise de conscience de ce que ça voulait dire être blanche, de ce que ça voulait dire avoir grandi en région parisienne, à Paris, en banlieue, entouré de gens dont c'est l'histoire des grands-parents.

Brazza Ouidah Saint-Denis. Photo de Luc Maréchaux

Malgré tout, comme elle l'explique, cette histoire n'est pas racontée à l'école, « même pas dans les familles parfois, peut-être par pudeur ».

On ne raconte pas comment ils ont été heurtés par l'histoire et ensuite invisibilisés. L’implication des comédiens est très particulière parce qu'ils savent exactement de quoi ils parlent, puisqu'on a fait tout un travail de recherches aussi avec eux. Je leur ai vraiment transmis cette histoire. Ils ont rencontré un fils de tirailleur, des historiens, historiennes. On a regardé des films. Ce travail-là, je pense que ça change la façon de jouer de l'acteur. Il est passeur d'une histoire et hyper conscient politiquement de qu'il raconte.


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