Décès du conteur martiniquais Serge Bazas
Natif de Sainte-Marie, installé à Fort-de-France, Serge Bazas fut un conteur emblématique. Il est décédé dans la nuit de vendredi à samedi ( 26 au 27 décembre 2025) des suites d'une longue maladie. Il avait 77 ans.
C'est une voix particulière du conte martiniquais qui s'éteint avec la disparition de Serge Bazas.
Tour à tour conteur, musicien et chanteur, ce cuisinier de formation n'avait pas d'égal pour animer les veillées mortuaires, dans la pure tradition de l'oralité créole.
Il s'adonnait aussi au saxophone, entre autres instruments, et son répertoire faisait vivre en chanson tout le folklore et les richesses de notre terroir.
Sa fille unique, Fabienne Bazas, se souvient d'un père infatigable, qui mettait de la passion dans tout ce qu'il faisait.
Mon père, c'était quelqu'un qui était très assidu. Il aimait beaucoup le folklore. Il aimait beaucoup participer. Quand il y avait les obsèques, les personnes décédaient, il venait donner des contes, des blagues. Il aimait beaucoup jouer avec son saxo, même s'il y avait des fausses notes, mais il faisait de son mieux. Le quartier, le voisinage, là où il habitait, ce n'était pas évident. Il a même dû déménager parce qu'il habitait à Texaco. Il a dû déménager à cause de ça. Il habitait à Redoute pour avoir plus de tranquillité, mais c'est un homme qui aimait beaucoup jouer sa musique. Beaucoup de personnes l'appréciaient comme il était et il était naturel. Il avait toujours ses mots à dire, quoi qu'on pense, même si on est d'accord ou pas, mais il disait ce qu'il avait à dire
Un artiste autodidacte
Animateur sur la radio RLDM, Eli Ozier-Lafontaine a côtoyé Serge Bazas, dont il a fait connaître les œuvres sur les ondes. Un artiste qu’il admirait à plusieurs titres :
C'est un homme qui m'a fasciné parce que je sais qu'il est allé à l'école pour la première fois, il avait 9 ans, mais quand il avait 14 ans, il était déjà sorti de l'école. À l'époque, il fallait aider les parents, donc il travaillait dans la canne, dans la banane. Il n'a pas eu une grande scolarisation, je veux dire. Ce n'est qu'après son service militaire, il est allé prendre des cours d'adultes. Et c'est ça qui lui a permis d'écrire ses contes, d'écrire ses chansons.
L'un des derniers conteurs à animer les veillées
Serge Bazas avait un timbre de voix et un style uniques, qui ont toujours impressionné l'animateur :
Il avait une façon de conter qui était particulière, avec une certaine musicalité. On parle de slam maintenant, mais pour moi, Bazas faisait un peu du slam, mais à sa manière. On l'appelait assez souvent pour aller dans les veillées et il y allait avec son grand cœur, gratuitement. Il faisait ses prestations et vraiment, c'était un homme au grand cœur. C'était l'un des derniers à aller veiller, un peu partout dans les communes de Martinique.
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