Violences sur les parquets : les acteurs du basket guadeloupéen tapent du point sur la table face à la montée du fléau
Face à la multiplication des altercations physiques et verbales, la Ligue Régionale de la Guadeloupe de Basket-ball (LGRBB) annonce une volonté de tolérance zéro. Un climat de tension qui pousse entraîneurs et dirigeants à réclamer une réforme profonde de la pédagogie sportive.
La violence s’installe-t-elle progressivement sur les terrains de basket en Guadeloupe ? Depuis plusieurs semaines, les incidents se multiplient : tensions, insultes, gestes dangereux…
Une situation qui inquiète de plus en plus les acteurs du championnat. Le dernier épisode en date : une rencontre entre le New Star et l’Étoile de l’Ouest au cours de laquelle une scène violente, filmée et largement relayée sur les réseaux sociaux, a relancé le débat et suscité de nombreuses réactions.
Un volonté d'échanges entre les différents acteurs
Face à cette dérive, les encadrants appellent à des mesures pour protéger les joueurs et préserver les valeurs éducatives du sport. Cédrick Thibet, coach de l'Étoile de l’Ouest (EDO) pointe du doigt un manque de pédagogie et d’harmonisation dans les décisions prises sur les terrains. Thibet appelle à davantage d’échanges entre arbitres et équipes pour éviter incompréhensions et incohérences :
Les acteurs du basket en Guadeloupe doivent s'asseoir autour d'une table. Je ne vois pas les instances dirigeantes du basket Guadeloupéen faire le nécessaire pour arrêter cette violence-là. Je suis là vraiment pour une forme de construction mettant en valeur le sport et le travail accompli par tous, mais c'est du travail. Là, nous sommes face à une situation, sous les terrains, ça dégénère. Ces derniers temps, nous sommes à l'image de ce qui se fait en dehors du terrain. C'est quelque chose qu'on doit bannir. Quand on fait de la compétition, il y a de la rivalité, il y a ce genre de choses, mais il faut qu'on reste vraiment dans les règles et il ne faut pas faire n'importe quoi. Même si nous sommes dans un sport amateur, cela n'excuse pas ce phénomène.
Les instances arbitrales pointées du doigt
L'entraîneur de l'EDO a également pointé du doigt les instances arbitrales, mettant en avant un certain manque de professionnalisme et arbitrage inégal en comparaison avec les compétitions effectuées en Hexagone :
Nous avons équipe qui s'entraîne quatre fois par semaine pour jouer un match. J'aurais voulu poser aux arbitres la question suivante : 'est-ce qu'ils s'entraînent à siffler pour performer ?'. Parce qu'une équipe qui s'entraîne vient à l'entraînement pour performer le week-end, je ne suis pas sûr que nos arbitres travaillent sur cela. Cette pédagogie-là que je voudrais qu'ils nous expliquent en amont. Nous, de notre côté, j'aurais aimé qu'on emmène ce côté 'technique' de la chose. Il ne faut pas avoir peur d'être dans l'échange, mais là, on reste tous dans notre petit coin et on subit des choses. Quand on arrive sur un championnat de France ou même des Antilles-Guyane, on ne sait pas. Parce qu'on a l'habitude de siffler d'une certaine manière. Dans le championnat de France, nous ne sommes pas sifflé de la même manière, et ça crée de l'incohérence.
Une volonté de bannissement de la violence
Du côté des instances, le président de la Ligue de Basket de Guadeloupe (LGRBB), Laurent Tormin, assure vouloir rappeler les responsabilités de chacun et prendre une tolérance zéro face à la violence :
Je condamne avec toute fermeté ce type de violences. La violence ne doit pas exister sur les terrains. Nous sommes là pour jouer au basket et donner l'exemple aux jeunes ainsi qu'à notre société déjà très violente. Nous souhaitons vraiment bannir ce type de gestes. C'est vrai que les images qui circulent, elles sont vraiment très violentes. Elles ne reflètent vraiment pas l'image que nous souhaitons partager à nos licenciés, mais aussi aux supporters, à nos partenaires. Je tiens à rappeler tout de même aux joueurs, entraineurs et dirigeants, qu'ils ont la responsabilité quand même de véhiculer une image saine du sport sur et hors des des terrains. Pour nous, le message, il est clair : il n'y a pas de tolérance autour de cette violence. Au niveau de la Ligue, nous avons une commission de discipline complètement indépendante et qui gère les dossiers qui sont liés à tout problème de discipline. Nous leur faisons totalement confiance sur l'application des règlements, qu'ils en feront.
Face à l’émotion suscité, la Ligue régionale de basket-ball a publié un communiqué condamnant fermement ces comportements et annoncé l’ouverture d’une procédure disciplinaire. Contacté par notre rédaction, le coach du New Star, Jean-Marc Marguerite n’a pas souhaité s’exprimer.
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