Le Moule : près d'un millier de personnes marchent en mémoire de Liber Argelier, abattu par un gendarme

Par 18/04/2026 - 13:35 • Mis à jour le 18/04/2026 - 14:08

Une semaine après le décès de Liber Argelier, abattu par un gendarme au Moule, près d'un millier de personnes ont défilé ce samedi 18 avril. Derrière l'émotion de la marche, les témoins et les manifestants dénoncent une réponse armée disproportionnée.

    Le Moule : près d'un millier de personnes marchent en mémoire de Liber Argelier, abattu par un gendarme

Il y a tout juste une semaine, le 12 avril dernier, Liber Argelier perdait la vie au Moule, mortellement touché par les tirs d’un officier de gendarmerie.

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Ce samedi 18 avril, une marche pacifique était organisée dans la commune en soutien à sa famille.

Près d’un millier de personnes ont répondu à l’appel des organisateurs, parmi lesquelles figuraient les quatre députés de la Guadeloupe.

« Un désagrément criminel »

Parmi les premiers témoins à s'être précipités au chevet de la victime, Guylène raconte la scène de chaos dont elle a été la spectatrice impuissante :

C’était mon voisin à Bonan. Ce jour-là, vers 17h30, je revenais d'un anniversaire et je m'apprêtais à monter en voiture quand j'ai aperçu les gendarmes circulant à contre-sens. Soudain, des détonations ont éclaté. Je me suis jetée derrière mon véhicule pour me protéger. Une fois le calme revenu, nous étions cinq à nous précipiter vers lui, alors qu'il gisait au sol. Nous avons assisté à ce que j'appellerais un "désagrément criminel". On a tenté de lui porter secours, malgré une certaine réticence à nous laisser approcher. Si je n'ai pas vu les tirs de mes propres yeux, le bruit, lui, résonne encore.

Un drame qui n'est pas isolé

Au-delà de la douleur et la colère, c’est un sentiment d’injustice profonde et une critique acerbe de la gestion de la santé mentale qui ont poussé cette citoyenne à battre le pavé :

Ce drame m'indigne profondément. J'ai le sentiment qu'en Guadeloupe, alors que les véritables criminels courent toujours, on s'en prend à ceux qui souffrent. Faute de pouvoir soigner les personnes malades ou fragiles, on finit par les abattre. C’était le cas de "Clodo", dont tout le monde connaissait l'addiction, ou encore de ce drame à Goyave il y a deux ans, où des parents appelaient à l'aide pour leur enfant. Le constat est amer : en Guadeloupe, nous manquons cruellement de structures de soins, mais en face, les armes, elles, sont bien là. C’est pour dénoncer cette situation que je marche aujourd’hui.


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