Congrès sur l'eau à Basse-Terre : l'assainissement, le grand absent d'un débat urgent

Par 23/06/2026 - 09:40 • Mis à jour le 23/06/2026 - 09:51

Les élus de Guadeloupe se réunissent ce mercredi 24 juin à Basse-Terre pour un Congrès consacré à la question de l'eau potable, avec en ligne de mire les coupures chroniques et les investissements à réaliser. Mais à la veille de ce rendez-vous, l'état alarmant de l'assainissement en Guadeloupe, ne figure pas dans l’intitulé.

    Congrès sur l'eau à Basse-Terre : l'assainissement, le grand absent d'un débat urgent
usine de traitement de l'eau de Deshauteurs

Les élus de Guadeloupe doivent se réunir demain (24 juin), à Basse-Terre pour un Congrès consacré à la question de l’eau potable, à suivre sur RCI. Une journée annoncée comme un moment de vérité autour des coupures, des investissements à réaliser. Mais à la veille de ce rendez-vous, un autre sujet interpelle. 

L'assainissement ne figure pas dans l'intitulé du thème du Congrès de l'eau. Pourtant, eau potable et assainissement sont étroitement liés, et les constats sont tout aussi inquiétants. Dans la lettre ouverte de Guy Losbar du 10 mai dernier, le mot est même absent. Une omission qui surprend, alors que ce sujet est au cœur des compétences du syndicat et des enjeux environnementaux et de santé publique.

Des infrastructures dégradées

Sur les 18 stations d'épuration dédiées à l'assainissement collectif, 11 ne sont pas conformes à la réglementation. Des sites comme Gosier, Jarry ou Capesterre-Belle-Eau accumulent les dysfonctionnements depuis des années. Le dernier rapport de l'Office de l'eau pointe par ailleurs un autre problème de fond : une partie du réseau reste mal documentée. 

En clair, personne ne sait exactement dans quel état se trouvent les canalisations. Les débordements d'eaux usées se multiplient pendant que les installations continuent de vieillir.

Un financement réduit

Les chiffres financiers sont sans appel. Sur les 320 millions d'euros du plan d'investissement du SMGEAG, seulement 34 millions sont consacrés à l'assainissement, contre 180 millions initialement prévus

La chambre régionale de la Cour des comptes l'avait écrit sans détour en février de l'année dernière : l'assainissement occupe une place marginale au sein du syndicat, les équipements vieillissent et les risques pour la santé publique et l'environnement sont réels.

Sur le terrain, les conséquences sont visibles. La fréquence croissante des interdictions de baignade, les études sur la dégradation des récifs coralliens et des herbiers témoignent d'une situation qui se détériore. Alors que les élus débattront de l'eau potable ce mercredi, la question de l'assainissement attend encore son heure.


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