Le bras de fer budgétaire s'intensifie entre le SDIS de Guadeloupe et le Conseil Départemental
Le SDIS de Guadeloupe sollicite une augmentation de sa dotation départementale pour pallier un manque de moyens opérationnels. La direction et les syndicats réclament désormais un plan pluriannuel pour sécuriser le financement du service jusqu'en 2026.
Les syndicats du SDIS alertent sur une situation financière critique, jugée dangereuse tant pour les sapeurs-pompiers que pour la population guadeloupéenne.
Les récents constats établis par le nouveau directeur confirment, selon les représentants du personnel, des revendications portées depuis des années : un manque criant de moyens terrestres et maritimes, ainsi que des dotations du Conseil Départemental inadaptées à l'activité intense du territoire.
50 % du parc non opérationnel
De son côté, Henri Angélique, président du Conseil d’Administration du SDIS, se veut plus rassurant et mise sur les réunions de travail prévues avec la collectivité de tutelle :
« Pour l'instant, il n'y a pas lieu d'être inquiet. Le SDIS fonctionne très bien d'ailleurs. C'est vrai que depuis plusieurs années, il fonctionne sous tension. Notre responsabilité collective, c'est d'anticiper avant qu'une difficulté ne devienne un drame. D'où l'alerte qui ressort du rapport d'étonnement du directeur et relayé par les représentants syndicaux. Le SDIS ne demande pas un confort budgétaire, mais des moyens de garantir la sécurité civile de la Guadeloupe. Et pour ça, il convient d'établir un plan de stabilisation maîtrisé, accompagné d'une réforme interne profonde. À mon niveau, il n'y a pas d'inquiétude. Un dialogue de gestion est entamé avec le conseil départemental depuis très longtemps. Des réunions sont prévues et certaines sont déjà engagées. Très prochainement, nous allons rencontrer le président du Conseil départemental qui est très sensible à la situation du SDIS. J'espère que nous allons aboutir rapidement à la signature du plan pluriannuel qui nous permettra d'envisager l'avenir plus sereinement pour les Guadeloupéens. Nous souhaitons un dialogue sérieux. Je suis serein sur ce point. »
L'alerte rouge face au "gouffre" budgétaire
Cependant, pour la section Force Ouvrière (FO) du SDIS, l'heure est à la gravité. Le syndicat souligne que les finances actuelles ne permettent plus de répondre aux besoins opérationnels et sociaux. Sylvain Barvaut, secrétaire général du SDIS-971-FO, détaille les chiffres de cette crise :
« À la suite du rapport d'étonnement de notre nouveau directeur, c'est le manque de moyens financiers que le Conseil départemental, pour des raisons politiques, ne nous donne pas. Nous n'avons que 29 millions qui couvrent à peine la partie fonctionnement pour les salaires. L'inspection générale de l'administration conseille d'accorder 5 % de leur budget de fonctionnement au SDIS ; le conseil départemental ne nous offre que 3,6 %. Dans ces 29 millions, est incluse la taxe TSA liée aux assurances. Par ailleurs, nous avons une activité supérieure de 43 % à la moyenne nationale alors que 50 % de notre parc est non opérationnel, avec notamment 52 VSAV hors service. On s'aperçoit que nous allons vers le gouffre. J'ai négocié avec M. Angélique. Nous n'avons aucun problème avec lui, mais ce président a les mains liées, et j'estime qu'on ne peut pas économiser sur la sécurité en Guadeloupe. Nous revendiquons une augmentation de la contribution du département à hauteur de 5 %. Pour le budget 2026, nous demandons une rallonge de plus de 11 millions, un plan pluriannuel d'investissement sécurisé et une rencontre en urgence avec l'exécutif départemental. »
√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS GUADELOUPE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.





