« Baisser les prix de 10 à 20 centimes » : Victorin Lurel interpelle le Gouvernement sur le carburant
Invité du journal de 13h de RCI ce vendredi 10 avril, le sénateur Victorin Lurel est revenu sur ses récents échanges à Matignon. Face à la hausse des prix des carburants et au coût de la vie en Guadeloupe, l’élu plaide notamment pour une baisse immédiate des tarifs à la pompe.
En Guadeloupe, la hausse des carburants se fait sentir, tout comme la vie chère.
Reçu à Matignon, le sénateur Victorin Lurel interpelle le Gouvernement et appelle à des mesures concrètes pour les Outre-mer d’ici la fin du quinquennat. Celui-ci a formulé plusieurs propositions concrètes à propos de cette problématique.
Invité du journal de 13h de RCI présenté par Lynda Cayarcy ce vendredi 10 avril, l'élu socialiste est revenu sur l'urgence sociale au sein des Outre-mer.
L'urgence d'une baisse des prix
Interrogé sur la faisabilité technique d'une baisse rapide du prix des carburants, Victorin Lurel a affirmé que des leviers immédiats existent entre les mains de l'État :
C'est tout à fait possible. Le préfet pourrait prendre un arrêté pour baisser les prix de 10 à 20 centimes sans nuire à la rentabilité de la SARA. Il faut revoir les marges de transport et de stockage, mais aussi les indemnités des gérants : en France hexagonale, ce sont les compagnies pétrolières qui les paient, pas les consommateurs. Le gouvernement doit agir maintenant, car les plans pour 2030 ne répondent pas à la demande actuelle de blocage ou de baisse immédiate des prix.
Débloquer les textes législatifs
Au-delà des carburants, le sénateur pointe du doigt l'inertie parlementaire face au coût de la vie.
Interrogé sur le réalisme de ses revendications dans le climat politique actuel, il insiste sur la nécessité de faire progresser les dossiers en attente à l'Assemblée nationale :
C'est tout à fait réaliste car la vie chère est une réalité permanente chez nous, qu'il s'agisse de l'alimentaire, des soins ou de l'hygiène. Je ne comprends pas que des textes votés au Sénat ou portés par le gouvernement ne soient toujours pas programmés à l'Assemblée. Je rencontre actuellement les ministères pour plaider cette cause ; je refuse que la fin de ce quinquennat se solde par deux années d'immobilisme pour les Outre-mer alors que mes propositions sont concrètes et financièrement viables.
Une évolution institutionnelle prudente
L'élu s’est exprimé sur la question de l’évolution des statuts, mettant en garde contre un changement qui serait imposé « à marche forcée » par référendum.
Pour répondre aux aspirations des territoires sans précipitation, le sénateur préconise une voie médiane et sécurisée juridiquement :
Il faut une révision constitutionnelle pour sortir du choix binaire entre l'identité législative et l'autonomie totale. Contrairement à d'autres propositions irréalistes, je vais déposer une proposition de loi constitutionnelle pour permettre à chaque territoire d'évoluer à son rythme et selon ses besoins. L'idée est de bouger, certes, mais avec prudence et sans exiger des moyens financiers démesurés à l’État.
Un passé colonial français peu assumé
Victorin Lurel a également exprimé son profond désaccord avec la diplomatie française, notamment après l'abstention de la France à l'ONU sur la reconnaissance de l'esclavage. Pour le sénateur, l'État peine encore à assumer pleinement son histoire coloniale :
La France semble avoir honte de son passé et craint de sombrer dans la repentance, un discours souvent dicté par la droite. Pourtant, ce qui s'est passé est infamant : c'est l'un des crimes les plus affreux de l'humanité. Il ne s'agit pas de hiérarchiser les souffrances, mais de constater que le "Sud global", l'Union Africaine ou la CARICOM se saisissent désormais de ce sujet. Si j'étais autrefois réservé sur la question des réparations, j'estime aujourd'hui qu'elles sont nécessaires. L'Occident doit comprendre que le monde a changé : tout l'héritage postcolonial doit être examiné, accompagné et réparé avec justice.
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