Un détenu médicalement dépendant incarcéré : le personnel du centre dénonce une situation « insoutenable »
Depuis le début de la semaine, un détenu en détresse médicale est incarcéré au centre pénitentiaire de Fond Sarail. Totalement dépendant et souffrant de troubles importants, il nécessite une prise en charge constante. Une situation qui pose des difficultés pour les surveillants pénitentiaires.
Une incarcération qui interroge. Depuis le début de la semaine, une personne souffrant de troubles sévères a été incarcérée, alors même qu’elle est totalement dépendante sur le plan médical et éprouve des difficultés à communiquer.
Un auxiliaire de vie a été mobilisé pour l’aider à s’alimenter et à accomplir les gestes du quotidien. Porteur d’une poche urinaire, le détenu dormirait sur un matelas posé au sol afin de prévenir toute chute, après un incident survenu lundi soir.
Dans ce contexte, les surveillants doivent gérer une situation particulièrement sensible, en plus de leurs missions habituelles auprès des autres détenus.
Une situation critique
Éric Pétilaire, secrétaire départemental CGT pénitentiaire, dénonce une situation inadaptée :
On peut incarcérer tout et n’importe quoi. Aujourd’hui, nous avons un détenu qui a agressé l’ex-député du Moule et qui est malade. On est obligé de lui prodiguer des soins. C’est une personne qui défèque complètement sur elle.
Pour le personnel, cette prise en charge dépasse les capacités normales du milieu carcéral et soulève des questions de dignité, tant pour les agents que pour le détenu concerné.
Il faut vous dire que ce n’est pas supportable pour le personnel et ce n’est pas supportable non plus pour ses conditions de détention. C’est une personne qui n’a pas toute sa tête et aujourd’hui, on se retrouve à gérer quelqu’un qui n’a pas sa place en prison. Nous souhaitons que le juge de l’application des peines trouve une solution pour cette personne.
Un autre détenu a été embauché pour nettoyer la cellule.
On est obligé d’embaucher un détenu pour nettoyer sa cellule. Il y a des odeurs qui remontent. La prison de Baie-Mahault a déjà été condamnée pour des conditions de détention inhumaines, et là, on est en plein dedans.
Face à cette situation, les représentants syndicaux appellent à une réponse rapide des autorités judiciaires. Ils estiment qu’une prise en charge médicale adaptée, hors du cadre carcéral, est indispensable pour garantir la dignité de la personne concernée et préserver les conditions de travail du personnel pénitentiaire.
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