Proxénétisme à Baie-Mahault : la gérante d'un salon de massage condamnée, son ex-compagnon policier blanchi
Le tribunal correctionnel a tranché ce mardi (24 mars) dans l'affaire de proxénétisme de Baie-Mahault. L'officier de police Laurent Rouvière a été totalement relaxé. Son ancienne compagne, gérante du salon, écope de deux ans de prison avec sursis et devra indemniser les victimes.
L'affaire du salon de massage de Baie-Mahault, qui avait défrayé la chronique en 2024, a connu son dénouement judiciaire ce mardi 24 mars.
Poursuivi pour des faits présumés de proxénétisme, l'officier de police impliqué dans ce dossier a été totalement relaxé par le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre.
L’épilogue d’un long bras de fer
Son ancienne compagne, également prévenue dans cette affaire, a quant à elle été reconnue coupable. Elle écope d'une peine de deux ans de prison avec sursis probatoire, incluant une obligation d'indemniser les victimes.
Pour Laurent Rouvière, cette relaxe totale sonne comme un désaveu pour l'accusation. Il livre son analyse sans détour :
La justice est passée. Je suis satisfait que le tribunal ait pris le temps de m'écouter et d'analyser les faits tels qu'ils étaient. Quand il n'y a aucun élément à charge, c'est que l'infraction n'existe pas. Ma défense reposait sur le fait de prouver que mon ex-compagne avait menti à plusieurs reprises, et je pense que ces arguments ont convaincu les juges. Quand on connaît les statistiques judiciaires, je suis plutôt fier du résultat, d'autant plus que j'ai assuré ma défense seul, sans avocat. Mes ennuis ont débuté en 2021 avec Monsieur Desjardin, avec qui j'avais déjà des rapports tendus. Quand vous avez des inimitiés au sein du parquet, il arrive que certaines personnes utilisent leur pouvoir pour tenter de vous nuire ; c'est précisément ce qui m'est arrivé. Aujourd'hui, je reste policier et je suis fier de l'être.
La voix des victimes
Le dossier a mis en lumière l’emprise psychologique subie par les employées de ce centre, contraintes de dévoyer leur métier pour assurer des prestations sexuelles sous l’autorité de la gérante.
Si le tribunal a tranché sur les responsabilités pénales, l'enjeu reste entier pour celles qui ont subi ces pratiques.
Pour Me Anne Fontaine de la Roque, avocate des parties civiles, l’essentiel réside désormais dans la reconnaissance du traumatisme des masseuses :
La relaxe de Monsieur Rouvière pour le délit pour lequel il était poursuivi est peut-être légitime. La condamnation de Madame est légère, je trouve, mais bon, c'est tant mieux pour elle. Elle a obligation de réparation des victimes. C'est ce qui m'intéresse pour la défense des parties civiles : qu'elles soient indemnisées intégralement. Elles sont très mal parce qu'en fait, lorsque l'on parle de proxénètes, on parle aussi de prostituées. Quand on parle de prostituées, il faut savoir que, parfois, ça signifie "viol". Il s'agit d'être obligé de consentir à des rapports sexuels parce qu'ils étaient prévus dans la carte des massages.
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