Prison de Fond Sarail : « Il y a urgence absolue », l’administration sommée de s'expliquer par la justice
L’administration pénitentiaire de Baie-Mahault a jusqu’au 28 avril pour prouver l’amélioration des conditions de vie des détenus. Après une audience tendue devant le tribunal administratif, les avocats des plaignants dénoncent des manquements graves à l'hygiène et à la dignité humaine en Guadeloupe.
La prison de Fond Sarail se retrouve dans le collimateur de la justice administrative.
L'administration du centre pénitentiaire de Baie-Mahault a désormais jusqu'au mardi 28 avril pour justifier la mise en œuvre des quarante mesures préconisées par l'Observatoire International des Prisons (OIP).
Un sursis de 13 jours pour l'administration
Ce rapport pointe de graves lacunes concernant les conditions de détention, notamment sur les questions d'hygiène, de sécurité et de respect de la dignité humaine.
Ce mercredi 15 avril, les trois représentants de l'institution, restés silencieux face à la presse, n'ont pu apporter les garanties ni les documents exigés par la justice.
Ils disposent désormais de 13 jours pour régulariser la situation avant la clôture de l'instruction, le délibéré étant attendu pour le jeudi 30 avril.
Pour Me Gladys Démocrite, qui représente les parties plaignantes, l'enjeu dépasse le cadre administratif et touche aux droits fondamentaux :
Ces demandes reposent sur un constat clair : un certain nombre de droits fondamentaux, et principalement celui à la dignité, ne sont pas respectés. Ce sont des libertés garanties pour tous. Ce n’est pas parce qu’on est en Guadeloupe, ou que l’on est Guadeloupéen, que l’on ne devrait pas bénéficier de la protection minimale que l’État doit à chaque détenu. Les pièces fournies jusqu’ici manquent de précision et ne permettent pas de vérifier les dires de l’administration pénitentiaire. En réalité, il suffit de lire le rapport ou d'interroger quiconque s'est rendu au centre pénitentiaire de Baie-Mahault : la dignité n’y est pas assurée. Qu'il s'agisse de la confidentialité ou de l'état des sanitaires, ces éléments garantis à toute personne détenue en France ne le sont pas ici, en Guadeloupe.
L'administration au pied du mur
Me Djimy Verite représentait le Syndicat des Avocats de France. L’avocate se félicite de la décision du juge des référés du tribunal administratif de Basse-Terre.
Ce dernier exige désormais que l’administration pénitentiaire de Baie-Mahault fournisse des justificatifs et des preuves tangibles pour appuyer ses déclarations :
Lors de l'audience, il est apparu que l'administration pénitentiaire a manqué de justificatifs concernant les mesures censées avoir été réalisées. C'est pourquoi un certain nombre de preuves et de devis doivent être fournis très rapidement. La présidente a exigé ces documents afin d'apporter les garanties nécessaires à notre action, que nous jugeons tout à fait légitime. Il y a une urgence absolue à améliorer les conditions de détention, tout particulièrement ici, en Guadeloupe.
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