L'usine cannière de Marie-Galante condamnée
Par Rinsy Xieng
20/04/2016 - 16:10
• Mis à jour le 18/06/2019 - 15:22
Guadeloupe
Hasard du calendrier de campagne, la sucrerie et rhumerie de Marie-Galante ou plutôt son dirigeant était convoqué hier mardi devant le tribunal correctionnel de Pointe-à-pitre pour "exploitation d'un site classé sans autorisation et pollution". Des faits survenus entre 1999 et 2008. C'est la découverte de plusieurs tonnes de poissons morts qui a intrigué les autorités. L'instruction a été longue mais le groupe industriel devra désormais s'acquitter d'une forte amende.
80.000€ à payer! Une décision qui tombe mal en pleine campagne. La Société
Anonyme dont le siège est basé en métropole devait s’expliquer sur des
années d’exploitation non autorisée, avec de surcroit un déversement de
substances nuisibles en mer. Suite à la plainte d’un pêcheur en 1999, une
information judiciaire est ouverte, l’instruction durera 17 ans tout de
même, les "différents dirigeants ont tenté à chaque fois, de gagner du
temps" en usant de procédures, dixit le ministère public. A la base,
l’usine ne répondait pas aux normes instaurées par la loi de 1976 sur la
pollution. Excédé d’avoir perdu plus de 2 tonnes de poissons, la victime a
alerté les autorités notamment la DEAL, ex-DRIR.
Deversement dans la mer
Malgré des contrôles et des sommations, aucune mise en conformité n’avait été constatée durant près de 10 ans. Pire, les riverains ont aperçu une nappe sombre sur plus d’un kilomètre dans l’océan, une photo aérienne a même été prise par l’hélicoptère des gendarmes, tellement la tâche était impressionnante. De simples "rejets organiques" selon les responsables, "non toxique", pourtant l’expert a relevé une anoxie du système, c'est-à-dire un manque d’oxygène pour la faune et la flore environnantes mais aussi des traces d'acides sulfuriques et chlorhydriques. Le directeur général actuel a indiqué qu’il ne pouvait pas répondre de ces faits, il n’est en poste que depuis 2009. Le tribunal a condamné la personne morale, l’usine à 80.000€ d’amende et 15.000€ de dommage et intérêt pour le pêcheur lésé.
Rinsy Xieng
Deversement dans la mer
Malgré des contrôles et des sommations, aucune mise en conformité n’avait été constatée durant près de 10 ans. Pire, les riverains ont aperçu une nappe sombre sur plus d’un kilomètre dans l’océan, une photo aérienne a même été prise par l’hélicoptère des gendarmes, tellement la tâche était impressionnante. De simples "rejets organiques" selon les responsables, "non toxique", pourtant l’expert a relevé une anoxie du système, c'est-à-dire un manque d’oxygène pour la faune et la flore environnantes mais aussi des traces d'acides sulfuriques et chlorhydriques. Le directeur général actuel a indiqué qu’il ne pouvait pas répondre de ces faits, il n’est en poste que depuis 2009. Le tribunal a condamné la personne morale, l’usine à 80.000€ d’amende et 15.000€ de dommage et intérêt pour le pêcheur lésé.
Rinsy Xieng
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