Le scootériste qui avait foncé dans la foule dimanche part en prison

Par 04/02/2026 - 18:44 • Mis à jour le 05/02/2026 - 04:51

Le trentenaire qui avait délibérément foncé sur des carnavaliers mais aussi sur des policiers lors de la parades des Abymes dimanche dernier, était escorté ce mercredi après-midi (4 février) en comparution immédiate. Il a écopé de 2 ans de prison dont 1 ferme avec maintien en détention, son scooter a été confisqué et il devra ensuite dédommager les victimes.

    Le scootériste qui avait foncé dans la foule dimanche part en prison
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Rappelons que suite à cet incident, le Préfet de Guadeloupe a interdit la présence des deux-roues lors des défilés jusqu'à la fin de la saison (le 19 février). Dimanche dernier, alors que le groupe Akiyo rejoint son local de Chauvel, suivi par une multitude de deux-roues, les policiers repèrent un scooter à l’allure dangereuse. Le conducteur vient de bousculer des carnavaliers avec son engin. 

Un agent de la BAC décide de l’intercepter en l’attrapant par le bras. Déwign S., 33 ans, le regarde, se débat et accélère. Il fonce dans la foule qui continue de défiler, il zigzague entre les membres puis prend la route à contresens, traverse le terre-plein, percute des piétons.

Le suspect alcoolisé ne se laisse pas faire

Les policiers finissent par le rattraper mais le suspect plaqué au sol résiste, il ne se calmera qu’après l’usage du taser. Le prévenu conduisait complètement ivre, sans casque, sans assurance. 

Le Brigadier-chef Bruno, l'agent de la BAC le plus atteint lors de la collision, s'est confié à l'issue du procès : 

En danger par rapport au deux roues parce qu'il m'a percuté et j'ai senti aussi les membres du groupe d'Akiyo en danger parce que pour fuir le contrôle, il fonçait sur eux pour nous fuir. Donc, j'ai plus senti le danger pour les carnavaliers que pour moi. Comme d'habitude, c'est l'anarchie avec les deux roues. À vrai dire, les membres et même les autres groupes "à po" nous demandent assez souvent d'intervenir parce qu'eux aussi, ils n'en peuvent plus des deux roues. On fait en sorte de protéger les carnavaliers. Tous les week-ends, on est mobilisé pour sécuriser. Moi-même, je suis un carnavalier, donc c'est important pour moi que le carnaval reste en Guadeloupe et que tout le monde soit sécurisé, ça me déçoit. Ce n'est pas la même Guadeloupe que je connais, que j'aime. Là, on a l'impression que les valeurs se sont inversées et que comme c'est le carnaval, ils s'autorisent tout et donc ils peuvent tout faire et ne rien respecter.

« Je n’ai pas reconnu la police » a-t-il argué à la barre. « Pourtant tout le monde savait sauf vous » a répondu le tribunal. Déjà connu pour des délits routiers graves, le mis en cause a reconnu son erreur. 

Un moment censé être festif

« Le carnaval est une fête importante » a indiqué le Parquet, « il rythme la Guadeloupe mais aussi les forces de sécurité, constamment mobilisées durant cette période pour éviter des drames ». Ajoutant qu’aujourd’hui, certains spectateurs ne viennent plus car ils ont peur de ce genre de comportement imprévisible. 

L'avocat de la défense a rappelé un parcours difficile de son client, sans emploi, livré à lui-même depuis que ses parents sont décédés. Les juges ont prononcé 2 ans de prison dont 1 ferme, 140h de travaux d’intérêt général à la sortie, confiscation du scooter et obligation de soins et de dédommager les victimes.

Représentant les policiers, Maître Georges Brédent revient sur ce dangereux comportement :

Les fêtes populaires, elles ont du succès parce que justement, on respecte un certain nombre de règles. Pour que les carnavaliers, ceux qui déboulent, ceux qui défilent, soient en sécurité et que le public le soit également, il faut que des règles soient respectées. Ceux qui ont pour mission de faire respecter les règles, ce sont les forces de police, dans leur grande rigueur professionnelle, elles ont tenu à protéger les carnavaliers, parce que c'est au moment où déboulait le groupe à Akiyo, qu'elles sont intervenues. En plus, pour permettre à des véhicules de secours de rentrer au centre hospitalier. Et le groupe qui lui-même avait justement coopéré en scindant le groupe en deux, finalement, ce sont quelques troublions qui, en écoutant que ce qui se passe en eux-mêmes, ont effectivement tenu à faire n'importe quoi. En l'occurrence, il a percuté aussi des carnavaliers. Comme on dit, les forces de police ne sont pas là simplement pour sanctionner. Elles sont là aussi pour protéger, tout cela se respecte.

 


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