Il incendie pour aller en prison et pense ainsi pouvoir rentrer chez lui
Un prévenu de 37 ans était présenté en comparution immédiate ce vendredi (19 juin) pour des destructions de biens aux Abymes, mardi dernier. Plusieurs véhicules partis en fumée mais aussi un bâtiment éteint de justesse par les pompiers. Cet originaire de Savoie, arrivé aux Antilles il y a quelques années, a tenu à se faire emprisonner pour pouvoir regagner l'hexagone gratuitement.
Débarqué il y a quelques années à Saint-Barthélemy, en quête de soleil, de cocotiers et de plages, Jordan L. a débuté par des petits boulots puis au fil du temps, il n’en pouvait plus financièrement.
Il finit par se rendre à Saint-Martin à côté, mais sa situation ne s’améliore pas. Il erre à la recherche de jobs et se met à commettre ses premiers délits. Interpellé puis transféré pour être jugé à Basse-Terre, l’intéressé y effectue un premier séjour en prison.
Libéré, il récidive aux Abymes
Après sa peine, il est libéré et quelques mois plus tard, il recommence aux Abymes. Il met le feu mardi à plusieurs véhicules de particuliers et à un bâtiment avec l’intention de se faire encore arrêter. Lorsque la police arrive, il avoue et se livre immédiatement.
Jugé en comparution immédiate, le prévenu a refusé de répondre, renvoyant les juges sur ses dépositions de garde à vue. Originaire de Savoie, ce qu’il espère maintenant, c’est de pouvoir faire refaire ses papiers égarés mais aussi d'être rapatrié dans l’hexagone, il n’a plus rien à faire ici.
Il pense ainsi pouvoir regagner la France hexagonale
Décrit comme marginal et limité intellectuellement, le procureur a demandé contre lui une interdiction de séjour dans l’Archipel à l'issue de sa détention. Le tribunal a acquiescé en prononçant 18 mois de prison ferme et la révocation d’un sursis de 1 an.
Son avocate commise d'office, Maître Charlotte Hannoteaux, comme les juges, n'a pas réussi à raisonner son client :
Un dossier très particulier. Il a effectivement expliqué succinctement qu'il avait commencé par Saint-Barthélémy. On ne sait pas comment il arrive après à Saint-Martin. Il a des problèmes avec la justice, se retrouve donc incarcéré à Basse-Terre et est sorti il y a sept mois. Comme il a des difficultés pour regagner la France, faire ses papiers, il dit avoir incendié des véhicules pour pouvoir être à nouveau incarcéré, et espérer pouvoir rentrer chez lui. Mais la détention n'a jamais permis de transferts entre la Guadeloupe et les centres de détention dans l'Hexagone. C'est compliqué de discuter avec lui, il ne voulait pas d'avocat. Il n'a pas voulu s'expliquer à la barre. Il a dit dès le début au président qu'il souhaitait garder le silence, comme s'il voulait se faire arrêter et ainsi sortir de la rue. Je ne sais pas s'il pourra aller en France, en tout cas, il sort de la rue pour un certain temps. Se dire qu'il préfère être en prison plutôt que dans la rue, c'est dire ses conditions de vie à l'extérieur.
√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS GUADELOUPE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.










