Assassinat de Stéphen Lacides : jusqu'à 22 ans de réclusion criminelle requis aux Assises

Par 13/09/2023 - 17:37 • Mis à jour le 14/09/2023 - 19:43

Au troisième jour de leur procès, les trois hommes qui comparaissent depuis lundi 11 septembre devant la cour d’Assises de Basse-Terre ont paru détachés, voire indifférents malgré les charges qui pèsent sur eux après la mort de Stéphen Lacides, criblé de balles le 21 mai 2020 à Sainte-Anne.

    Assassinat de Stéphen Lacides : jusqu'à 22 ans de réclusion criminelle requis aux Assises
Les armes saisies ont été placées sous scellés.

Horribles et terrifiantes, les réponses apportées par les 3 accusés ce mercredi matin (13 septembre) lors de leurs dépositions sur les faits tragiques qui ont conduit à la mort de Stephen Lacides le 21 mai 2020 à Sainte-Anne. Les trois accusés ont fait preuve à la barre de détachement et de désinvolture, d’une froideur et d’un manque d'humanité manifeste que les proches de la victime, présents à l'audience, ont reçu en pleine figure. 

Le jour des faits, les jeunes hommes admettent être venus sur les lieux du crime armés mais par pour tuer la victime. Selon leurs dires, ils étaient à la recherche d'un supposé chien errant qui s'attaquerait aux cochons de l'un d'entre eux. 

Malgré leurs investigations, les enquêteurs n’ont retrouvé ni trace de chien errant, ni trace de cochon.

Alexander Subrun, ancien militaire de 21 ans, reconnaît avoir transmis les armes utilisées. Des armes appartenant à Jonathan Molena. Ce dernier a d’ailleurs été blessé au pied par un tir avec le fusil lui ayant servi pour agresser la victime qui s'était défendue en luttant avec lui.

Pas de regrets exprimés

Dylan Berdenand indique avoir tiré à quatre reprises avec l'arme qu'il détenait et à partir de laquelle sept tirs ont été réellement effectués, selon les experts, médecin-légiste et technicien en balistique. Parmi ces tirs, un s’est révélé mortel.

Dylan Berdenand, 23 ans, pompiste au moment des faits, concède également qu’aucun des trois accusés ne s'est occupé de la victime après les faits. Personne ne lui a pas porté assistance. L’accusé précise en revanche être allé s’occuper de ses animaux après le crime. 

Quant à Jonathan Molena, bien qu'il dise regretter la proportion prise par les évènements, il conteste, lui aussi, être responsable de la mort de Stephen Lacides.

Il va plus loin encore, remerciant Berdenand de lui avoir sauvé la vie. Selon lui, alors qu’il était blessé à un pied, il appréhendait d’être agressé par la victime avec un coutelas. L’enquête n’a pas établi que Stéphen Lacides était muni d’une arme blanche. Bien au contraire.

Ce matin-là, ce jeune père de famille de 29 ans, papa garçonnet de 23 mois, s'est retrouvé face à trois hommes armés qui l'ont criblé de sept balles. 

« Ils l'ont laissé crever comme un chien »

Le procès s'est poursuivi cet après-midi avec les plaidoiries des parties civiles et les réquisitions du procureur général. Eric Maurel a requis de lourdes peines de prison à l'encontre des 3 accusés. 12 années de réclusion criminelle à l'encontre de Alexander Subrun, 18 années pour Dylan Berdenand et 22, contre Jonathan Molena.

Pour le défenseur de la société, à l'image des avocats des parties civiles, Maîtres Jenny Morvan et Pierre-Yves Chicot avant lui, la volonté de tuer comme la préméditation sont incontestables.

Eric Maurel a demandé aux jurés de retenir deux images. La première : « Stéphen Lacides a été abattu comme un chien errant, face contre terre, agonisant dans un bain de sang. Ils l'ont laissé crever comme un chien ! ». La seconde soulevée par le procureur général, c'est celle d'un enfant qui ne connaîtra jamais son père. « Ils l'ont condamné à cette réalité perpétuelle ». 

Très incisif, le procureur général a ensuite rappelé qu' « il n'est pas admissible que le taux de la criminalité de la Guadeloupe soit 8 fois supérieure à celui de l'hexagone et que ce taux soit 21 fois supérieur à St Martin ! ». « Ce n'est pas seulement un assassinat que vous juger; c'est une équipe, ce sont des exécuteurs », a-t-il conclu.

Le procès se poursuit demain avec les plaidoiries des avocats de la défense qui ont débuté ce soir. Les autres devraient s'étaler sur toute la matinée de jeudi avant le délibéré. Verdict attendu en fin de journée.


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