[Photos et vidéo] Le plan POLMAR activé pour un exercice simulant une pollution aux hydrocarbures aux Saintes

Par 06/03/2026 - 06:44 • Mis à jour le 06/03/2026 - 12:10

Plusieurs services de l'Etat et des acteurs locaux des Saintes se sont livrés à un exercice de gestion de pollution dans la baie de Pompierre à Terre de Haut. Il s'agissait de simuler l'échouage d'un navire transportant des hydrocarbures.

    [Photos et vidéo] Le plan POLMAR activé pour un exercice simulant une pollution aux hydrocarbures aux Saintes
Images ©Manuela Bourgeois

C'est un exercice de grande envergure qui s'est déroulé hier au Saintes. Plus précisément à Terre de Haut. Le scénario proposé par la préfecture était le suivant :

Le 5 mars 2026, Monsieur le Préfet de la région Guadeloupe a déclenché une cellule opérationnelle de crise suite à l’échouage du navire « LE MINERVAS » au large de la Guadeloupe, dans le sud-est des Saintes, le 4 janvier dernier. Ce navire transportait des hydrocarbures. Cet incident a entraîné un important déversement d’hydrocarbures sur les côtes de Pompierre, Grande Anse et Marigot, nécessitant la mise en place d’un dispositif de nettoyage. Le colmatage est en cours et des dispositifs techniques ont été mis en place pour le nettoyage des plages touchées. À ce stade de l’opération, 40 % du déversement a été traité, soit environ 800 m³ d’hydrocarbures récupérés

Un dispositif complet

La simulation a permis de mettre à l'épreuve des équipements déjà positionnés à Terre de Haut. Le barrage anti sargasses expérimental installé à l’entrée de la baie de Pompierre aux Saintes, en mai 2023 a été sollicité. Posé à titre préventif, il est censé protéger la plage si une arrivée massive d’algues ou de pollution se produit.

Tout un dispositif spécial a été mis en place sur site. C'est ce qu'explique Scléry Jane Leberrecheffe des opérations au pôle national d'expertise du ministère de la Mer venue spécialement pour cette manoeuvre :

Nous avons installé le chantier, des entrées, sorties pour ne pas croiser les gens pollués, les gens propres. Et nous avons préparé les ateliers de nettoyage. Nous avons un atelier au nettoyeur haute pression pour nettoyer les cailloux, les rochers. Nous avons une pompe qui simule l'aspiration de l'hydrocarbure qui s'accumulerait toujours sur l'eau pour le stocker dans un bac. Nous avons des agents qui nettoient le littoral et la plage avec des pelles, des râteaux, des poubelles pour tout ce qui est posé sur le sable. Et nous avons un quatrième atelier qui permet de faire ressortir le polluant qui se serait mélangé au sable au niveau des vagues.

Les Îles du sud comme terrain d'entraînement

Si cet exercice s'est déroulé aux Saintes, ce n'est pas un hasard. Les autorités voulaient aussi tester leur capacité d'intervention dans les îles du sud de l'Archipel, où une pollution maritime pourrait également survenir. C'est ce qu'explique Édouard Weber, le directeur des affaires maritimes.

C'est aussi l'intérêt de l'exercice, ce n'est pas faire ça forcément en Guadeloupe continentale, mais également d'aller dans les îles du Sud, parce que ça fait une difficulté supplémentaire. On pourrait très bien avoir une crise liée à des hydrocarbures qui pourrait survenir ici aux Saintes. Pour nous, c'est important qu'on fasse ça et qu'on le fasse dans les conditions les plus réelles possibles.

Un entraînement qui permet aux agents de se préparer à différents types de pollutions, à la fois pour les sargasses et pour les hydrocarbures. Thierry Devimeux, préfet de Guadeloupe, estime que les deux aléas ont des similitudes.

Finalement, gérer des hydrocarbures ou gérer des sargasses, ce sont presque les mêmes savoir-faire. Et donc, les techniques qu'apprennent aujourd'hui les agents de la commune de Terre de Haut, peuvent aussi servir à ces mêmes agents pour mieux gérer en autonomie aussi la question des sargasses

Coordination centrale

Pour gérer l'exercice, un centre de coordination avait été installé à la préfecture où les chefs de service pilotaient les opérations. Jimmy Féron, technicien supérieur principal à l'Unité Littorale des Affaires Maritimes, revient en détail sur cette organisation.

Pour pouvoir coordonner toutes les administrations présentes sur le site, un Centre opérationnel de défense a été mis à la préfecture. Dans ce Centre opérationnel de défense, il y a des chefs de service de chaque administration présente sur le site. Et à partir de ça, des équipes sont formées sur chaque point et des chefs d'équipe font le lien avec les chefs de services dans le Centre opérationnel de défense et qui vont aller directement au préfet

Outre des ressources humaines nombreuses, ce déploiement du plan Polmar/Terre a nécessité près de 40 tonnes de matériel aux Saintes. Prochain rendez-vous dans trois ans pour une nouvelle simulation.


√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS GUADELOUPE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.

En images



Tags