NAO de la canne : la filière s'impatiente

Par 04/03/2021 - 06:00
01/01/2020 - 00:00

La campagne sucrière 2021 ne devrait pas démarrer ce matin, comme cela été initialement prévu en commission mixte. En effet, les négociations annuelles obligatoire de la filière n'ayant pas abouti, les ouvriers agricole ont annoncé qu'ils ne travailleront pas en l'absence d'accord. Une situation qui inquiète les professionnels. Syndicats et patrons du secteur se retrouveront vendredi 5 mars pour une nouvelle réunion de NAO.

    NAO de la canne : la filière s'impatiente

C'est une surprise générale pour la filière canne. Les professionnels (planteurs et opérateurs) ne s'attendaient pas à ce que les négociations annuelles obligatoire soient un blocage au démarrage de la campagne sucrière en 2021, car seulement 4 points composés la plateforme de revendications de l'intersyndicale des ouvriers UGTG/ CGTG. La campagne sucrière a déjà été repoussée une première fois, prévue le 18 février dernier, mais la commission mixte avait pris en compte la demande de plusieurs opérateurs de reporter le démarrage à mars afin de leur permettre d'achever leurs préparatifs d'avant-campagne.

Le report n'était pas du goût de tous. Dans un courrier adressé le 12 février 2021 à l'IGUACANNE (l'interprofession de la canne en Guadeloupe), Luc Machecler le directeur de la SICADEG (la sica cannière du Nord Grande-Terre) faisait déjà part "du désaccord et de l'inquiétude" quant à ce report au nom des planteurs et d'une partie des opérateurs. Un démarrage renvoyé au jeudi 4 mars 2021. C'était sans compter sur le blocage des négociations annuelles obligatoire, avec l'incertitude d'un démarrage de la campagne aujourd'hui. Quoi qu'il en soit, l'usine de Gardel du Moule a annoncé hier soir l'ouverture de ses balances à Béron et Gardel pour la réception des premiers  chargements de canne. Or, les ouvriers de l'unité sucrière se réuniront ce matin en assemblée générale et devraient refuser de débuter la campagne en l'absence d'accord dans les NAO selon nos informations.  

La crainte d'un climat défavorable

Le report du démarrage de la campagne n'est pas sans conséquences, avec l'incertitude qui plane autour des NAO. De l'avis des planteurs, le premier report pose le problème de la richesse en sucre (dite richesse saccharine) de la canne. Actuellement, sur la base des mesures effectuées sur la canne-à-sucre broyée par les distilleries, cette richesse saccharine est très bonne (9,2). Toutefois, les planteurs ne pourront pas en profiter pour l'instant. D'ici là, ils craignent une baisse de cette richesse de la canne.

De plus, un démarrage tardif signifie une fin de campagne tardive, probablement en juillet prochain. Selon Luc Machecler le directeur de la SICADEG, le facteur climatique ne serait pas favorable cette année. En effet, plusieurs phénomènes reviennent par période et perturbent le climat à l'instar de 'El Niña'. Attendu cette année 2021, ce phénomène pourrait apporter plus de précipitations dans une période pourtant connue comme sèche. Les planteurs parlent d'un 'carême humide'. D'importantes précipitations auront une influence sur la richesse en sucre qui sera moins importante, et de plus, compliqueront les opérations de coupe mécanique dans les champs. 

Comme c'est le cas chaque année, c'est toute une filière canne qui est suspendue au dénouement des NAO. La bonne nouvelle hier soir, c'est l'annonce de la prochaine réunion de négociations annuelles obligatoire entre les différents partenaires : le venderdi 5 mars à la CTCS (Centre Technique de la Canne à Sucre), aux Abymes.