[VIDEO] Chlordécone : une étude explore une piste prometteuse de dépollution naturelle
Damien Devault, un chercheur, s’intéresse à la possibilité de dégrader naturellement la chlordécone, pesticide ultra persistant, dans des milieux privés d’oxygène. Une première en Martinique, porteuse d’espoir.
La chlordécone, pesticide utilisé massivement aux Antilles jusqu’en 1993, est considérée depuis des décennies comme quasiment indestructible. Mais une étude scientifique en cours en Martinique pourrait venir remettre en question cette réputation.
Le chercheur Damien Devault, écotoxicologue à l’université de Mayotte, était l'invité de l'émission « C'est la Vie Décryptage » le 22 avril. Il mène actuellement une mission sur l’île. Son objectif : vérifier si la molécule peut se dégrader naturellement, notamment dans des milieux anaérobies, c’est-à-dire des environnements sans oxygène. Cela comprend les vases de mangrove, les éponges marines ou encore les silos à boues des stations d’épuration.
À REGARDER Le reportage de Florence Treuil et d'Erika Govindoorazoo
Des prélèvements sur le terrain
Ces dernières semaines, le scientifique a effectué plusieurs prélèvements dans des stations d’épuration de Martinique, dans le but d’analyser la présence et l’évolution de la chlordécone et de ses éventuels produits de transformation.
On en saura plus dans deux mois puisqu'on aura analysé les échantillons. Mais nous, on vise spécifiquement les éponges dans lesquelles il peut y avoir des niches anaérobies. Elles sont dans la baie de Fort-de-France. On les a équipées avec des résines particulières qui échantillonnent non seulement la chlordécone, mais également ses produits de transformation.
À ECOUTER Le Replay de l'émission « C'est la Vie Décryptage du 22 avril, consacrée à cette thématique »
Damien Devault s’intéresse également aux boues issues du traitement des eaux usées, qu’il soupçonne de pouvoir jouer un rôle dans la dégradation de la molécule.
On a aussi échantillonné les boues de station d'épuration. Il peut y avoir de la chlordécone dans les eaux usées, donc possiblement dans ces boues. Jusqu’à présent, elles sont suivies, et on n’a jamais retrouvé de chlordécone. Mais cela reste à confirmer.
Les premiers résultats devraient être disponibles d’ici juillet 2025.







