Enseignement obligatoire du créole à l’école en Martinique, la mise en garde de la FSU

Par 05/06/2023 - 16:48

Les élus de la Collectivité de Martinique se sont récemment prononcés en faveur de la reconnaissance du créole comme « langue officielle », en envisageant son apprentissage des petites classes au lycée. Le syndicat FSU tire la sonnette d'alarme.

    Enseignement obligatoire du créole à l’école en Martinique, la mise en garde de la FSU
Valérie Vertale-Loriot, co-secrétaire du syndicat SNES-FSU met en garde contre le caractère obligatoire de l'apprentissage du créole.

Quelques jours après l’adoption, par les élus de la CTM, d’une motion reconnaissant le créole comme « langue officielle » en Martinique, la FSU jette un pavé dans la mare et demande plus de précisions sur son apprentissage en Martinique.

Le syndicat salue la démarche initiée par la Collectivité Territoriale de Martinique mais tire la sonnette d’alarme sur le caractère obligatoire de ce dispositif d’apprentissage de la langue régionale.

À ce titre, la FSU a interpellé la rectrice d’Académie sur le projet de convention entre le rectorat et la CTM, devant découler de l’adoption de la motion. Telle que présentée, cette convention déboucherait sur une formation obligatoire des enseignants au créole, pour permettre, dans un second temps, l’enseignement aux élèves des plus petites classes jusqu’au lycée.

« Une grosse difficulté »

Lors de la plénière du 23 mai dernier, certains élus territoriaux avaient déjà mis en garde sur cet aspect et craignent que la collectivité ne se fasse taper sur les doigts, redoutant que la convention ne soit rejetée par les instances nationales .

Valerie Vertale-Loriot, co-secretaire academique du SNES-FSU, met en garde contre de « grosses difficultés » liées à cette volonté de rendre obligatoire l’apprentissage du créole à l’école.

Nous avons découvert cette démarche par voie de presse et sommes ravis que le créole soit au centre des préoccupations. Nous avons aussi rencontré la directrice dans le courant de l’année pour lui exposer les difficultés que le créole avait, notamment pour l’enseignement dans le second degré. Et nous avons demandé à la Rectrice de nous répondre quant à un certain nombre de choses que nous avons vues et qui nous ont inquiétés. Notamment le caractère obligatoire vis-à-vis des enseignants. Et aussi la volonté des familles ne font pas le choix du créole. Enfin, la réforme des collèges et des lycées a mis à mal les langues et cultures régionales. Donc là, nous sommes dans une grosse difficulté 


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