Un rapport dénonce un dysfonctionnement des dispositifs d'aide à la restauration scolaire en Outre-mer

Par 27/06/2026 - 10:47 • Mis à jour le 27/06/2026 - 10:48

Dans un rapport d'information parlementaire publié ce mercredi (24 juin), la députée Perrine Goulet dénonce les graves dysfonctionnements de la restauration scolaire en Outre-mer. Entre blocages administratifs et manque de coordination, elle réclame une réforme urgente pour instaurer l'égalité avec l'Hexagone.

    Un rapport dénonce un dysfonctionnement des dispositifs d'aide à la restauration scolaire en Outre-mer

"Petits déjeuners à l’école", Prestation d’aide à la restauration scolaire (PARS), programme européen « Lait et fruits à l’école »...

Sur le papier, les dispositifs de soutien pour nourrir les élèves ultramarins ne manquent pas. Sur le terrain, c'est une tout autre histoire.

Dans un rapport d'information parlementaire rendu public ce mercredi (24 juin), la députée de la Nièvre, Perrine Goulet, dresse un constat sans concession : ces aides sont mal coordonnées, inadaptées et paralysées par la bureaucratie.

Résultat, l'argent public est parfois gaspillé d'un côté, tandis que des fonds européens restent intouchables de l'autre.

Des financements non investis

Interrogée sur les conclusions de son rapport, la parlementaire met en lumière des situations absurdes constatées directement sur place :

À Mayotte, par exemple, j'ai vu des élèves cumuler une collation financée par la commune et un petit déjeuner gratuit. À l'inverse, le programme européen "fruits à l'école" est totalement sous-utilisé en Outre-mer à cause de freins administratifs. C'est de l'argent perdu. Un exemple concret : l'Europe exige et rembourse des portions strictes de 100 grammes. Si le collège dépasse ce poids, le reste à charge est pour sa poche, ce qui bloque le dispositif au quotidien. De plus, les règles européennes empêchent d'intégrer les produits issus des Régions Ultrapériphériques (RUP), privant l'économie locale de débouchés. Enfin, la PARS actuelle est bien plus faible que le dispositif de la "cantine à 1 €" appliqué dans l'Hexagone. Il est temps de mettre en place une véritable tarification sociale pour cibler ceux qui en ont réellement besoin, car certains ménages ultramarins ont les moyens de payer sans être aidés de la même manière. »

Un pilotage unique et la fin de la PARS

Pour sortir de cette impasse, Perrine Goulet appelle à une réorganisation immédiate. Selon elle, la balle est désormais dans le camp du gouvernement, sans qu'il soit nécessaire de passer par une case législative fastidieuse :

Nous avons besoin d'un vrai pilotage interministériel. La Délégation à la lutte contre la pauvreté pourrait parfaitement assurer cette coordination, car elle dispose déjà d'interlocuteurs dans tous ces territoires pour vérifier le déploiement des aides. Il faut lever d'urgence les verrous européens sur le poids des portions et l'intégration des produits locaux. Surtout, nous devons garantir l'égalité entre les enfants d'Outre-mer et ceux de l'Hexagone grâce à une subvention identique par repas. Il faut remplacer la PARS par la "cantine à 1 €". Tout cela ne nécessite aucune nouvelle loi, c'est directement à la main des ministères. Cela peut aller très vite si la volonté politique est là. C'est mon vœu le plus cher, car aujourd'hui, en Guyane et à Mayotte, des enfants souffrent encore de malnutrition. C'est tout simplement inacceptable dans notre pays.


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