Bordeaux : un patron de brasserie accusé de racisme par ses employés dont un originaire de Guadeloupe
Au moins quatre employés de la brasserie bordelaise, Le Régent, sont en arrêt maladie après avoir été témoins des propos racistes tenus par l'un des co-gérants du restaurant. Parmi les salariés choqués, Xavier, un Guadeloupéen de 42 ans, chef de rang dans l'enseigne.
Une enquête a été ouverte après qu'une vingtaine de salariés d'une brasserie emblématique du centre de Bordeaux eurent dénoncé des injures racistes proférées à leur encontre par le propriétaire des lieux, a indiqué jeudi le parquet.
Fin octobre, 17 employés de cet établissement situé face à l'Opéra et au Grand Hôtel de Bordeaux ont déposé plainte pour des "propos racistes, islamophobes, xénophobes, sexistes et homophobes" tenus par le co-gérant.
Selon leur avocate, Me Anne-Charlotte Moulins, cinq autres vont se joindre à la procédure, révélée début novembre par Mediapart et Rue89 Bordeaux.
Lors d'une après-midi d'octobre, le gérant aurait lancé aux salariés "qu'il s'était laissé envahir, qu'il y avait trop de noirs et d'arabes dans son établissement", avant de menacer de "tous nous virer", a décrit à l'AFP un employé originaire de Guadeloupe, aujourd'hui en arrêt maladie.
"La place des noirs était à la cave"
À un serveur passant le balais, le patron a expliqué que "c'est un travail d'Arabe", indiquant "à un collègue sénégalais" que "la place des noirs était à la cave", poursuit ce chef de rang de 42 ans, en précisant que les personnes prises à partie étaient "vulnérables" car "en situation de régularisation".
Selon le récit des plaignants, le responsable de l'établissement, également gérant de brasseries à Paris et sur la côte basque, était fortement alcoolisé lors des faits.
Pour son avocat, Me Fabien-Jean Garrigues, il "n'a aucun souvenir du déroulement" de la journée en question et "émet l'hypothèse d'avoir été drogué".
"Les dits faits sont néanmoins, de son point de vue et d'après ce qui est rapporté, inexplicables et, à les considérer avérés, inqualifiables et intolérables", a ajouté le conseil.








