Chaleur : la France suffoque et craint la vigilance rouge

Par 21/08/2023 - 09:25 • Mis à jour le 21/08/2023 - 09:26

Comme aux Antilles, l’Hexagone est touché actuellement par de fortes chaleurs qui pourraient atteindre des records.

    Chaleur : la France suffoque et craint la vigilance rouge

C'est l'épisode « le plus chaud de l'été 2023 » : l'Hexagone attaque aujourd’hui (lundi 21 août) une nouvelle semaine sous une canicule « intense et durable » avec 50 départements placés en vigilance orange par Météo-France, et la crainte d'un passage au rouge localisé dans l'après-midi.

Le thermomètre affichait déjà 30 degrés à Perpignan au petit matin, et Météo-France s'attend à des températures "comparables" voire "très légèrement supérieures" à celles de dimanche sur une grosse moitié sud du territoire français, plongé sous un dôme de chaleur.

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"Avec les enfants, on essaie de sortir le matin (...) Toulouse, c'est très chaud et il n'y a pas beaucoup d'espaces verts", confie Leslie Dirat, 40 ans, responsable administrative, avec son enfant dans une poussette. "Cela fait réfléchir (par rapport au changement climatique, NDLR) et ça fait peur pour les enfants."

D'après Météo-France, "la durée et l'intensité" de cet épisode caniculaire pourraient nécessiter une évolution de la vigilance vers le rouge dans le Sud-Est (Drôme, Ardèche, Vaucluse et Gard) lundi après-midi ou mardi.

Cet ultime seuil correspond à la fois à un événement météorologique exceptionnel et à une alerte sanitaire justifiant une mobilisation maximale, avec des risques de surmortalité.

Massifs fermés 

Selon Météo-France, des records locaux risquent d'être battus mardi notamment dans la vallée du Rhône, avec 40 à 42 degrés prévus, en attendant le pic attendu mercredi de cet épisode "particulièrement tardif pour la saison".

La température la plus élevée jamais relevée en France est de 46 degrés à Vérargues, dans l'Hérault, le 28 juin 2019.

Lundi, les températures vont quand même s'envoler. Il fera localement 41°C à l'ombre, notamment dans le Sud-Est. Dimanche, le thermomètre a grimpé jusqu'à 42,2 degrés localement dans l'Hérault, le Gard et l'Ardèche.

"A l'échelle nationale, on rentre dans les critères de la vague de chaleur au sens climatologique du terme. Elle a commencé le 17 août, donc déjà quatre jours", a précisé lundi à l'AFP Météo-France, qui ne prévoit une baisse des températures que pour jeudi ou vendredi.

Dans le Gard, en raison de la canicule, il est interdit lundi de pénétrer dans deux zones forestières qui sont placées par Météo-France en risque très sévère (rouge).

Onze massifs de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur ont par ailleurs été fermés au public en raison du risque d'incendie. Les préfectures des Bouches-du-Rhône, du Var, du Vaucluse et des Alpes-Maritimes ont aussi déclenché la procédure d'alerte niveau 1 relative à un épisode de pollution de l'air à l'ozone.

Les Alpes surchauffent 

La configuration météorologique actuelle crée un "dôme de chaleur", "avec les hautes pressions qui bloquent la chaleur", a expliqué à l'AFP Météo-France dimanche, ajoutant: "Le deuxième ingrédient, c'est le réchauffement climatique qui vient augmenter la probabilité d'avoir des températures élevées aussi tardivement".

Dans les Alpes suisses, un autre record a ainsi été battu dans la nuit de dimanche à lundi: il a fallu grimper à 5.298 mètres pour mesurer la limite du zéro degré (ou isotherme), a indiqué MétéoSuisse, alors qu'une bonne partie du pays est là aussi en alerte canicule.

Le précédent record datait seulement du 25 juillet de l'année dernière avec 5.184 mètres, a précisé MétéoSuisse.

Côté français, dans les Hautes-Alpes, l'incendie déclaré dimanche soir à Chanousse était toujours en cours lundi matin et avait détruit totalement ou partiellement 120 hectares, selon la préfecture du département.

La canicule a aussi contribué à retarder le redémarrage du réacteur 2 de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne), a indiqué EDF. Les fortes chaleurs pourraient aussi entraîner des restrictions de production pour celle de Bugey (Ain).

L'activité des centrales, qui pompent l'eau des rivières adjacentes (ou en mer, le cas échéant) pour leur refroidissement avant de la rejeter plus chaude dans le milieu, est en effet encadrée par des seuils d'échauffement et de débit de ces cours d'eau à ne pas dépasser. 

A Gap (Hautes-Alpes), l'"Alp'Arena", le stade de glace, est ouvert gratuitement lundi pour permettre "de profiter d'un moment de fraîcheur", a indiqué la mairie, qui a réactivé un dispositif déjà en vigueur l'été dernier et une dizaine de jours en juillet.

Dans ce contexte caniculaire, le gouvernement a dévoilé lundi une liste de 12 sites industriels qui seront accompagnés par l'Etat pour réduire significativement la quantité d'eau prélevée pour leur fonctionnement, dans le cadre du plan eau dévoilé en mars.

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