Amnistie au Venezuela: une trentaine de prisonniers politiques libérés près de Caracas
Une trentaine de prisonniers politiques sont sortis ce lundi après-midi (23 février) de la prison de Rodeo 1 dans la périphérie de Caracas, dans le cadre de la loi d'amnistie promulguée jeudi sous pression américaine après la capture du président Nicolas Maduro le 3 janvier.
"On est libres, on est libres!", ont crié les détenus, cranes rasés, T-shirts blancs, accueillis par de nombreux proches qui campaient devant l'établissement depuis des semaines. Les prisonniers sortaient un à un, a constaté l'AFP.
"Quarante-cinq jours à attendre la libération de mon fils et le voilà avec nous, merci! Nous n'avons de rancune contre personne", a affirmé Manuel Vieira Rodriguez, père de Manuel Vieira Camacho, en référence à la promesse faite le 8 janvier par les autorités des libérations à venir.
Son fils fait partie de l'affaire des "cadets" de l'armée, accusés de conspiration.
La période d'incarcération "a été très difficile, très difficile. Nous sommes ici, la tête haute", il faut maintenant "profiter de la liberté et continuer à se battre pour ceux qui sont là-bas (dans la prison)", a-t-il ajouté.
"Quand Dieu ouvre la porte, personne ne peut la fermer. Et c'est Dieu qui a ouvert cette porte. A ces familles qui (attendent), soyez tranquilles, ici plus tard ou demain, vous les retrouverez!", a quant à lui dit Richard Puentes, 48 ans, prédicateur, à sa sortie de prison.
Il était accusé d'avoir participé à une tentative d'assassinat contre Nicolas Maduro.
Une loi jugée insuffisante
L'ONG Foro Penal, spécialiste de la défense des prisonniers politiques, avait signalé lundi matin que 65 personnes (7 vendredi, 15 samedi et 43 dimanche) avaient été libérées au cours des trois derniers jours dans le cadre de la loi d'amnistie.
La loi a été jugée insuffisante par des défenseurs des droits humains, car elle ne couvre pas, par exemple, les cas liés au domaine militaire, fréquents dans la prison de Rodeo 1, où quelque 200 détenus avaient entamé une grève de la faim durant le week-end pour protester.
Une partie des personnes libérées dimanche et lundi font justement partie de personnes, qui étaient exclues de l'amnistie.







