Fusillade à Capesterre-Belle-Eau : "Les enfants étaient en pleurs", le bourg reste sous le choc
Deux jours après la fusillade qui a coûté la vie à deux femmes de 32 et 39 ans dans une épicerie-bar du bourg de Capesterre-Belle-Eau, la commune peine à se remettre de ses émotions. La violence de la scène touche toute une communauté.
La fusillade survenue mardi (30 juin) en début de soirée dans le bourg de Capesterre-Belle-Eau a laissé des traces profondes. Deux femmes ont été tuées, quatre personnes ont été blessées dans un état sérieux, dont un enfant de 7 ans. Les circonstances évoquent la piste d'un règlement de comptes. Mais pour les habitants, ce sont des voisins, des parents d'élèves, des visages familiers qui ont été touchés.
Une tristesse partagée
Une boulangère du bourg, dont le commerce se trouve à proximité des faits, témoigne de la brutalité avec laquelle la nouvelle l'a frappée :
Je travaille à la boulangerie Épi Centre Capesterre, dans le bourg. Ça s'est passé dans mon quartier et c'était très difficile à apprendre parce que je n'étais pas sur place. Ce sont des parents que je connais, que mes enfants fréquentent, ils sont allés à l'école ensemble. Quand j'ai appris la nouvelle, sincèrement, ça m'a cassé les bras, les enfants étaient en pleurs. C'est vraiment dommage de laisser des parents et des enfants dans le désarroi.
Une autre commerçante partage la même douleur :
Ça fait mal pour toute la famille. En plus de ça, ce sont des jeunes. On doit faire quelque chose. C'est triste pour toute la famille. Pour les deux familles, surtout ceux qui sont couchés à l'hôpital.
Une marche blanche prévue
Samuel Jourson, conseiller municipal à Capesterre-Belle-Eau, appelle à une mobilisation collective face à une violence qui ne fait plus de distinction d'âge :
C'est vrai que ça touche davantage les jeunes, mais quand on regarde les personnes qui ont été touchées hier, ça va de 7 ans jusqu'à 72 ans. On est impuissant face à cette situation-là, mais il faut qu'on puisse trouver les voies et moyens, ensemble, pour rendre cette société guadeloupéenne un peu plus sûre. Certes, il y a trop de violences en Guadeloupe, mais à l'échelle de la Caraïbe, la Guadeloupe fait partie quand même des territoires les moins violents. Si on se compare à la République dominicaine ou bien à Trinidad, par exemple, il y a largement moins d'homicides ici qu'ailleurs. Mais un homicide, c'est déjà trop.
Une marche blanche est organisée, ce samedi 4 juillet, au départ de la mairie à 8 heures pour dire non à la violence.

