Fusillade à Capesterre-Belle-Eau : “la police vous retrouvera, la justice vous jugera” assure le directeur de cabinet du préfet de Guadeloupe
Au lendemain de la fusillade qui a coûté la vie à deux femmes et blessé quatre personnes dont un enfant de 7 ans dans le bourg de Capesterre-Belle-Eau, les autorités appellent à l'action.
Deux femmes mortes, un enfant blessé, et une commune sous le choc. La fusillade survenue hier soir (30 juin) peu avant 20h dans le bourg de Capesterre-Belle-Eau a fait deux morts et quatre blessés dans un état sérieux, dont un enfant de 7 ans.
Les victimes, à priori collatérales, se trouvaient dans un établissement souvent fréquenté. Une enquête a été confiée à la police judiciaire.
"On jugera les criminels"
Présent en direct dans le journal de 7h sur RCI ce mercredi 1er juillet, François-Xavier Richard-Rendolet, directeur de cabinet du préfet de Guadeloupe, a assuré que les forces de l’ordre vont tout faire pour retrouver les auteurs des faits.
La violence n'est pas hors de contrôle parce que la police et la gendarmerie vont tout faire pour retrouver les auteurs. Et j'aimerais dire à ceux qui ont commis cet acte : on retrouve quasiment toujours les auteurs de crimes et délits violents en Guadeloupe. On a un très bon taux d'élucidation. La police vous retrouvera, la justice vous jugera. Il y a des actes violents qui sont commis par des individus inconscients qui mettent des familles dans le deuil. Mais l'État agit, l'État protège et l'État retrouvera et jugera les criminels qui ont commis cet acte.
Il a également annoncé le lancement prochain d'une grande opération de récupération d'armes baptisée « Rendez vos armes » :
On va lancer une grande action de contrôle des armes et de restitution des armes qui va s'appeler “Rendez vos armes” parce qu’il y a trop d'armes en circulation en Guadeloupe. Et il y a un gros travail de filière d'enquête pour retrouver et empêcher les auteurs et empêcher ce genre d'actes.
La commune reste sous le choc
Jean-Philippe Courtois, maire de Capesterre-Belle-Eau, également présent dans le journal de 7h présenté par Élodie Soupama, a décrit une commune traumatisée. Il réclame des actions bien plus fortes de l'État :
Je ne suis pas sûr que les habitants de la commune aient dormi, suite à cette scène effroyable, ces images qui restent encore marquées dans la tête. Et ces bruits de ces familles qui crient, qui pleurent, c'est vous dire la violence de la scène à laquelle on a dû assister hier soir. Il faut que nous puissions aller encore beaucoup plus loin pour limiter cette circulation d'armes et faire en sorte que nous n'ayons plus ces poches de délinquance.
Le maire a rappelé l'inégalité de traitement ressentie entre la Guadeloupe et d'autres territoires, comme Marseille:
Je me rappelle qu'il y a quatre, cinq ans, il y a eu un conseil des ministères exceptionnels à Marseille, où le président de la République s'est engagé à mobiliser un milliard d'euros pour pouvoir apaiser la ville de Marseille. La Guadeloupe, depuis de nombreuses années, est première au classement des territoires criminogènes. Or, on a l'impression que chez nous, c'est la fatalité, que c'est normal. On vient tout juste d'inaugurer des brigades nautiques, alors qu'on sait depuis des décennies que c'est par la mer qu'arrive cette mort sur notre territoire drogue, armes, prostitution. Il faut que nous sortions de ce discours pour avoir des actions fortes et pouvoir rassurer les familles.
Les festivités patronales annulées
Le maire a annoncé avec amertume l'annulation des festivités de la fête patronale de Capesterre-Belle-Eau, prévues ce soir :
Là, nous sommes à la veille de la fête patronale. Ce soir, je vais devoir annuler les festivités alors que ce sont des jeunes qui venaient pour se défouler dans le cadre du traditionnel tournoi de football des quartiers. Pour quatre délinquants, nous devons priver notre jeunesse d'encore une fois d'un moment de liesse.
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