Accord France-Caraïbes : l'Assemblée nationale adopte le texte sur l'intégration des Antilles-Guyane à la Caricom

Par 16/04/2026 - 11:28 • Mis à jour le 16/04/2026 - 18:32

L'Assemblée nationale a définitivement adopté, ce jeudi 16 avril, l'Accord France-Caraïbes. Ce vote historique lève les derniers verrous législatifs pour l'adhésion de la Martinique et de la Guadeloupe à la CARICOM, ouvrant la voie à une nouvelle ère de coopération diplomatique et économique au cœur de leur espace régional.

    Accord France-Caraïbes : l'Assemblée nationale adopte le texte sur l'intégration des Antilles-Guyane à la Caricom

Ce jeudi 16 avril, l'Assemblée nationale a adopté, en lecture définitive, l'Accord France-Caraïbes.

Ce vote historique permet de lever les dernières barrières législatives à l'intégration des Collectivités françaises d'Amérique au sein de la CARICOM.

Désormais, chacune des îles devra négocier individuellement les conditions de son entrée dans la Communauté caribéenne.

Un processus déjà très avancé pour la Martinique, mais dont la Guadeloupe pourra également bénéficier. C'est un pas de géant qui vient d'être acté au Palais Bourbon.

Une levée des blocages pour nos territoires

C'est un moment décisif du long combat mené pour l'intégration régionale. Le texte, bien que technique sur le papier, porte une ambition politique forte. Pour la députée de la Martinique Béatrice Bellay, ce vote vient parachever un effort de longue haleine :

Ce moment vient rendre hommage au processus qui a été mené par la gouvernance d'Alfred Marie-Jeanne et de Serge Letchimy ; ce long processus de négociation qui a eu lieu entre la Martinique et les pays de la CARICOM. On a déjà des accords. On est déjà membre d'un certain nombre d'instances comme l'OECO. Aujourd'hui, la CARICOM, c'est quand même l'instance internationale dans la Caraïbe, un, la plus ancienne, deux, probablement la plus formalisée et trois, celle avec laquelle nous pouvons envisager dans le temps d'inscrire la Martinique dans son espace régional, naturel et dans sa géographie cordiale. Le potentiel, c'est le potentiel de tout développement, qu'il soit économique, culturel, social, humanitaire. C'est le développement et l'écriture de cette page. Tout est à écrire, on est sur une page blanche et c'est bien parce que ça laisse beaucoup de marge, finalement, de manœuvres et beaucoup d'espoir.

Pour le député guadeloupéen Christian Baptiste, il n'est plus question d'attendre. Il s'agit désormais de transformer l'essai pour que la coopération devienne une réalité concrète :

Notre réalité fait que nous sommes dans la Caraïbe et nous devons faire en sorte de coopérer non seulement sur le plan culturel, mais aussi sur le plan économique avec les autres régions, pour qu'il y ait une vraie diplomatie régionale.

Des "circuits courts" privilégiés

Cette ouverture régionale pourrait répondre à des enjeux vitaux : lutte contre la vie chère, protection de l'environnement et souveraineté économique. Pour Béatrice Bellay, il s'agit simplement de retrouver une logique géographique naturelle :

Jusqu'à maintenant, nos échanges ne se sont faits qu'en faveur de la France et de l'Europe. On ne peut pas dire que nous sommes encore dans une construction endogène de notre développement, de circuits courts ou d'échanges régionaux. C’est pourtant naturel. J'espère que les prochaines générations apporteront leurs pierres à cette existence au sein de notre géographie cordiale.

Après son adoption sans difficulté au Sénat en janvier dernier, puis par la Commission des Affaires étrangères, le texte a été définitivement validé par les députés ce jeudi 16 avril, ouvrant officiellement une nouvelle ère pour les Antilles-Guyane.


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