Le handball martiniquais se réunit en urgence pour sauver la Ligue d'un gouffre financier

Par 28/02/2026 - 07:58 • Mis à jour le 28/02/2026 - 08:12

Avec une dette de 150 000 euros et des menaces de poursuites judiciaires, la Ligue de handball de Martinique joue sa survie ce samedi 28 février au Lamentin. Une réunion d'urgence avec les présidents de clubs doit éviter la faillite et la suspension des championnats.

    Le handball martiniquais se réunit en urgence pour sauver la Ligue d'un gouffre financier

C’est une réunion de la dernière chance qui se tient ce samedi 28 février dans la matinée au Lamentin. La présidente de la Ligue de handball de Martinique, Jacqueline De Percin, a convoqué les présidents de clubs pour une séance d’urgence.

Entre dettes abyssales et menaces de poursuites judiciaires, l’avenir de la discipline sur le territoire ne tient désormais plus qu’à un fil.

Une situation financière et juridique alarmante

Le handball martiniquais est-il au bord du gouffre ? À en croire les documents internes et l’ordre du jour de cette rencontre exceptionnelle, la réponse semble affirmative.

Moins d'un mois après l'assemblée générale du 31 janvier dernier, la situation financière de la Ligue ne s’est pas seulement dégradée, elle est aussi devenue critique avec une ardoise dépassant les 150 000 euros. Ce passif comprend notamment une dette sociale de 54 000 euros, ainsi qu'une somme équivalente due à la fédération au titre des licences.

Au-delà de ces chiffres alarmants, c’est un risque juridique majeur qui plane sur l’instance. La direction de la Ligue n'hésite plus à évoquer des faits de « travail dissimulé » au sein de ses services, une qualification pénale particulièrement grave qui mettrait directement en péril la responsabilité des dirigeants.

Pour tenter de sortir de cette impasse, la Ligue avait sollicité un effort exceptionnel de 800 euros par club débiteur avant la date du 13 février, mais le constat actuel est amer puisque sur la trentaine de clubs que compte la structure, seuls quatre d'entre eux ont pour l'instant répondu à l'appel.

Des sanctions lourdes et un avenir en suspens

Ce manque de réactivité des clubs, pourtant piliers de l'institution, fragilise la stratégie de redressement portée par Jacqueline De Percin. Sans cet afflux de trésorerie immédiat, la Ligue se retrouve incapable d'honorer ses dettes salariales et, par extension, d'assurer son fonctionnement quotidien le plus basique.

L'ordre du jour de la réunion de ce samedi 28 février ne laisse d'ailleurs place à aucune ambiguïté, mentionnant explicitement des « mesures urgentes » et des « décisions responsables ».

Dans les couloirs du handball local, les rumeurs s'intensifient quant aux conséquences possibles de cette crise, allant d'une suspension des championnats à une mise sous tutelle de l'instance, ou encore à une réduction drastique des budgets dédiés à la formation et aux sélections.

Une chose est certaine : la procédure d’alerte est officiellement enclenchée. La survie du handball en Martinique, vivier historique de champions pour l’équipe de France, dépendra désormais de la capacité des présidents de clubs à s'unir lors de cette rencontre décisive.

La menace de l'URSSAF

Lors de l’Assemblée générale du 31 janvier 2026, les dirigeants de la Ligue avaient tiré la sonnette d’alarme. Les finances sont aujourd'hui au bord de la rupture, malgré plusieurs mesures engagées ces derniers mois pour tenter de redresser la barre. Le point le plus critique concerne les charges salariales dues à l’URSSAF, qui atteignent 31 000 euros.

Pour éviter l’aggravation de la dette, la Ligue a demandé aux clubs débiteurs un versement exceptionnel de 800 euros chacun avant le 13 février, mais seuls quatre clubs ont répondu à cet appel.

Cette absence de mobilisation met en péril la capacité de la Ligue à régulariser sa situation et à mettre fin à ce qui est qualifié de travail dissimulé, faute de paiement des cotisations sociales. Au-delà des charges salariales, la Ligue doit également faire face à 23 000 euros de charges patronales, un montant qui nécessite un échéancier indispensable pour éviter l’asphyxie.

Un tournant décisif pour la survie de la Ligue

Un étalement sur 36 mois pourrait être négocié, mais seulement si la première partie de la dette est réglée rapidement. Sans ce règlement, la Ligue s’expose à des sanctions financières et administratives qui pourraient compromettre son fonctionnement, voire ses activités sportives, telles que les finalités Ultramarines.

La situation est désormais suffisamment préoccupante pour que l’instance soit engagée dans une procédure d’alerte, un dispositif prévu pour prévenir les risques de cessation de paiement.

Dans ce contexte, les dirigeants affirment être dans l’obligation de prendre des décisions immédiates et responsables. La réunion de ce samedi 28 février s’annonce donc cruciale, avec deux points majeurs à l'ordre du jour : les mesures urgentes pour redresser la Ligue ainsi que les informations et échanges avec les présidents de clubs sur les décisions à venir.

Cette rencontre pourrait marquer un tournant décisif. Soit un sursaut collectif permanent permettra de stabiliser la Ligue, soit le handball martiniquais devra affronter une restructuration profonde, voire des interruptions d’activité.


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